La proposition de la Commission visant à renouveler l’approbation du glyphosate pour cinq ans était soumise aux vingt-huit États membres pour un vote ce jeudi matin. Encore une fois, aucune majorité qualifiée n’a été atteinte (55 % des États membres et 65 % des habitants).

  • 14 pays ont voté pour (soit la moitié des États membres) : République tchèque, Danemark, Estonie, Irlande, Espagne, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pays-Bas, Slovénie, Slovaquie, Finlande, Suède, Royaume-Uni ;
  • 9 pays ont voté contre : Belgique, Grèce, France, Croatie, Italie, Chypre, Luxembourg, Malte, Autriche ;
  • 5 pays sont abstenus : Bulgarie, Allemagne, Pologne, Portugal, Roumanie.

Prochaine réunion à la fin de novembre

Compte tenu du fait que l’autorisation actuelle du glyphosate expire le 15 décembre, la Commission européenne soumettra désormais sa proposition au Comité d’appel d’ici à la fin du mois de novembre, a indiqué une porte-parole de la Commission.

Ce Comité d’appel, qui n’est pas un organe permanent de la Commission, donne aux États membres de l’UE la possibilité d’avoir une seconde discussion lorsqu’aucun avis n’est émis lors d’un vote au sein d’un comité ordinaire. Il est composé de représentants des États membres, et présidé par la Commission.

Hulot, « fier » de la France

En marge d’un déplacement avec le Premier ministre Édouard Philippe jeudi à Paris, Nicolas Hulot s’est dit « fier » que la France « tienne bon » à Bruxelles. « On a franchi une étape, on était parti pour réautoriser dix ans, la France tient bon sur trois ans, s’est-il réjoui. C’est normal que le passage de dix ans à trois ans ne se fasse pas de manière si fluide mais on avance, on est en train de changer d’échelle. »

Pour le ministre de la Transition écologique, qui a prévenu hier que la France voterait contre l’échéance de cinq ans, « tout le monde a inscrit dans son logiciel qu’au-delà d’une réautorisation, qu’elle soit pour 3 ou pour 4 ans, ce sur quoi il faut travailler c’est comment, petit à petit mais assez rapidement, on va s’affranchir de toutes ces molécules qui de manière assez justifiée occasionnent une défiance entre le consommateur et le mode alimentaire. »

Les agriculteurs dans l’impasse

La FNSEA déplore l’absence de consensus européen. « Les États membres exportent à Bruxelles leurs contingences politiques internes, se moquant comme d’une guigne de la cohérence européenne, des avis de leurs agences scientifiques, et surtout des agriculteurs qui n’en peuvent plus de ces atermoiements qui plombent lentement mais sûrement le débat sociétal, et les laissent dans l’impasse », regrette-t-elle. Le syndicat demande à la France de s’inscrire dans « une trajectoire de solutions ».

Les ONG maintiennent la pression

Les ONG Générations Futures, Foodwatch et la Ligue contre le cancer maintiennent la pression. « L’absence de majorité qualifiée parmi les États européens aujourd’hui montre que tout n’est pas encore joué et que l’interdiction du glyphosate peut encore passer », commentent-elles dans un communiqué. Elles appellent le gouvernement français à « jouer son va-tout et ne pas permettre à la Commission européenne de passer en force ».

A.M.