« La politique publique doit être basée sur des faits scientifiques avérés, et non sur des déclarations incendiaires », lance Anne Kolton, en charge de la communication de American Chemistry Council (ACC). Aucun doute possible pour ce consortium américain d’entreprises du secteur de la chimie : la position de la France « va à l’encontre des conclusions de nombreuses agences gouvernementales internationales qui attestent unanimement que le glyphosate peut être utilisé en toute sécurité ».

Pas de majorité qualifiée

En juillet, la Commission a proposé le renouvellement de la licence du glyphosate qui expire à la fin de 2017. Cette substance active entre, entre autres, dans la composition du Roundup, produit phare de Monsanto. En 2016, faute de majorité qualifiée entre les 28, la Commission avait exceptionnellement prolongé l’autorisation pour 18 mois, jusqu’à la fin de 2017, dans l’attente de nouveaux avis d’agences européennes.

Depuis, l’agence européenne en charge des produits chimiques (ECHA) et celle de la sécurité des aliments (Efsa) ont estimé qu’il n’y avait pas de raison de classer cette substance comme cancérogène. Leurs avis n’ont toutefois pas mis fin à la controverse sur la dangerosité de ce produit classé « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ, OMS).

Remise en cause

L’ACC a remis en cause jeudi les conclusions du Circ, faisant état de « lacunes significatives et avérées » dans ses travaux de classification « erronée » du glyphosate comme substance cancérogène.

L’annonce française mercredi a également déclenché une levée de boucliers de plusieurs organisations agricoles, qui jugent ce produit essentiel pour les cultures, mais aussi pour l’agroécologie.

AFP