Christopher Wild, directeur du Circ, a reçu une nouvelle lettre signée de la commission des sciences, de l’espace et de la technologie de la Chambre des représentants des États-Unis d’Amérique. Daté du 8 décembre 2017, le document remet en question le classement du glyphosate comme produit « probablement cancérogène » par le Circ.

Le Congrès martèle sa volonté de voir se tenir une audience pour recevoir des témoignages du Circ sur la façon dont il a conduit ses examens. Dans sa lettre envoyée au début de novembre, il demandait à Christopher Wild de fournir « les noms et les coordonnées des personnes affiliées au Circ qui pourraient servir de témoins potentiels pour cette audience ». Ce à quoi le directeur du Circ avait répondu défavorablement.

Réponse attendue avant le 15 décembre, midi

Avec cette dernière lettre, le Congrès revient à la charge, en soulignant que les montants alloués au Circ (48 millions de dollars des National Institutes of Health) émanent du prélèvement auprès des contribuables. Et que, selon la Constitution des États-Unis, le Congrès a le pouvoir de surveiller les dépenses des sommes versées.

« À ce titre, la Commission est tenue de s’acquitter de son devoir constitutionnel d’assurer la bonne utilisation de ces fonds, indique-t-elle. Étant donné que la Commission a des questions concernant l’intégrité scientifique du programme du Circ, elle peut décider d’examiner s’il est approprié de poursuivre son financement par le gouvernement fédéral des États-Unis. »

Un moyen, pour le Congrès, d’exiger du Circ qu’il fournisse la liste de témoins potentiels demandée un mois et demi plus tôt. Sans quoi, le Circ pourrait voir ses vivres coupées. La Commission attend la réponse de Christopher Wild avant le 15 décembre 2017, midi.

Conflit d’intérêts

La lettre pointe également le conflit d’intérêts qui reposerait sur Christophe Portier, le conseiller spécial du panel du Circ ayant travaillé sur le glyphosate. La Commission assure avoir à disposition des éléments soulignant l’influence de l’homme sur la réévaluation du glyphosate par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). « Il a été la tête pensante d’une lettre envoyée à la Commission européenne sur la santé et la sécurité des aliments, signée par des scientifiques impliqués dans la monographie du glyphosate, faisant du lobbying pour le rejet des conclusions de l’Efsa et promouvant la position du Circ », assure la Commission.

Il est aussi question d’Aaron Blair, qui fut le président du groupe de travail du Circ. Il n’aurait pas tenu compte des résultats d’une étude montrant l’absence de liens entre glyphosate et cancer, certes publiée plus tard que le verdict du Circ, mais à laquelle il avait contribué. « Aaron Blair a admis que cette étude aurait « modifié l’analyse du Circ », déclare le Congrès dans sa lettre. Mais il n’a pris aucune mesure pour permettre sa prise en considération pour la monographie, soit en essayant de publier l’étude plus rapidement pour qu’elle puisse être utilisée dans l’évaluation, soit en retardant l’évaluation du Circ pour qu’elle ait lieu après la publication de l’étude, soit au moins en mentionnant l’étude dans l’évaluation, même si elle ne pouvait pas avoir un poids officiel dans le résultat. »