L’organisation Générations futures a demandé le lundi 2 mai 2016 au gouvernement français de « clarifier sa position » sur le renouvellement par l’Union européenne de l’autorisation de commercialisation du glyphosate. Cette dernière expire fin juin.

Un comité d’experts représentant les États membres doit se réunir les 18 et 19 mai pour se prononcer. Début mars, l’UE (Union européenne) avait repoussé cette décision faute de majorité, plusieurs pays ayant rejoint le camp des opposants.

La position de la France « n’est pas très claire », estime Générations Futures : Ségolène Royal s’oppose au renouvellement de l’autorisation, une position qu’elle « affirme comme étant celle de la France », alors que Manuel Valls « serait pour voter la réhomologation avec certaines conditions.

« Quelle est la position officielle ? Que va voter la France ? » interroge l’ONG, appelant le Premier ministre à « assumer clairement la position » que prendra la France « en communiquant au nom du gouvernement sur le sujet ».

Plainte contre X

Générations Futures va par ailleurs porter plainte contre X « dans les dix jours » pour « tromperie, voire tromperie aggravée », a indiqué l’avocat spécialisé François Lafforgue. Selon l’ONG, au niveau européen, « il y a eu un traitement biaisé quasi systématiquement des données scientifiques », un « traitement frauduleux » visant à « nier le caractère cancérogène du glyphosate ».

Dans un avis donné en novembre 2015, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait jugé « improbable » le risque cancérogène du glyphosate.

Début mars, un collectif d’ONG emmené par l’organisation autrichienne Global 2000 avait annoncé porter plainte contre Monsanto, le fabricant du Round Up, et l’EFSA pour distorsion d’analyses scientifiques visant à prouver l’innocuité du glyphosate. Selon Générations Futures, une plainte a également été déposée en Allemagne.

La plainte française doit permettre de « faire la lumière sur les mécanismes qui ont permis d’aboutir au maintien de ce produit », de « dégager des responsabilités et de condamner éventuellement les responsables à des amendes ou des peines de prison », a expliqué M. Lafforgue.

AFP