« On voit bien l’étage de l’épi qui a été touché par le gel », explique, brin d’orge à la main, Luc Debacker, agriculteur sur 200 ha à Godeneval dans l’Eure-et-Loir. Le problème, c’est que cet étage manquant ne va pas permettre d’alimenter comme il faut le bout de l’épillet.

« Ça dépend des variétés »

« C’est la première fois qu’on voit ça, s’étonne-t-il. Ça dépend des variétés. Ici, l’Amikel et la Champie ont un peu souffert mais pas la Cervoise. » Chez un voisin, ce serait la variété Limpid qui aurait fortement subi le gel.

« L’épi a gelé dans la gaine, à partir du deuxième nœud », analyse Luc Debacker. Il ne veut pas encore se prononcer sur les répercussions de cet épisode climatique sur le rendement et préfère parier sur de bonnes conditions climatiques jusqu’à la moisson.

Les mêmes photos partout en France

« C’est la première fois que je vois cela chez moi », décrit Nicolas Binet sur Twitter le 15 mai 2017, depuis la Charente-Maritime. Comme Luc Debacker, ils sont nombreux sur le réseau social à être surpris par les dégâts du gel. « Ceci est-il vraiment du gel d’épi ? », questionne un autre utilisateur de Twitter en interrogeant Arvalis.

Dès la fin d’avril, les premières photos d’épis gelés faisaient leur apparition. Les constats sont parfois glaçants. « Pour les #orges chez nous la messe est dite #gel massif sur 80 % des surfaces, trop tôt pour voir dégâts sur blé mais… », explique Fabien Nivet, agriculteur dans l’Indre et en Charente. Julien, exploitant dans l’Est, est lui dans l’attente de l’évaluation des dégâts.

Tanguy DhelinJournaliste web