« L’année 2016 a été positive, portée par le chêne et le douglas », a déclaré Gilles Seigle, président de la Société forestière de la Caisse des dépôts, lors d’une conférence de presse à Paris le 20 avril 2017. Pour la quatrième année consécutive, l’indice général du prix de vente des bois sur pied en forêt privée poursuit une dynamique haussière. Il affiche une progression de 3 % par rapport à l’an dernier et s’établit à 58 €/m³, toutes espèces confondues.

Selon Pierre Achard, président de l’Association des sociétés et Groupements fonciers et forestiers (ASFFOR), trois facteurs principaux ont influencé à la hausse le marché du bois :

  • Un bon rapport euro/dollar, favorable à l’exportation ;
  • La reprise du secteur de la construction, qui totalise 50 % des volumes de bois ;
  • La progression de l’indice de production industrielle de 1 %.

Des disparités entre essences

Cependant, cette progression masque plusieurs réalités contrastées entre les différentes essences. Les bois d’industrie et les bois d’énergie feuillus ont pâti de la chute des cours mondiaux de la pâte à papier, des stocks déjà présents chez les industriels et d’un climat hivernal très doux depuis plusieurs années. Ils s’affichent sous la barre des 10 €/m³ pour la première fois depuis 2006.

En revanche, le douglas connaît une progression de 7 % à 56 €/m³ et le chêne progresse de 12 % par rapport à 2015, à 151 €/m³. « Les disparités de prix sont également fortes en fonction des régions, et peuvent aller jusqu’à 40 % », a souligné Gilles Seigle. Certaines régions, comme l’Occitanie, ont un grand réservoir de bois mais manquent d’industries de transformation.

La profession est optimiste pour les années à venir, d’autant plus que les politiques publiques soutiennent les filières de bois de construction et de bois énergie. « Les perspectives sont bonnes en vue de la reprise économique », estime Gilles Seigle. « Le XXe siècle était celui du béton, le XXIe siècle sera le siècle du bois ! », a assuré Cyril Le Picard, président de l’interprofession France Bois Forêt.

Adèle Magnard