Stéphane Le Foll avec les auteurs du rapport. © T. Dhelin

À la suite du Programme national de la forêt et du bois lancé en mars, un rapport intitulé « plan recherche & innovation 2025, filière forêt bois » était présenté ce lundi 9 mai au ministère de l’Agriculture. Plusieurs instituts de recherche, mais également la Caisse des dépôts ont collaboré à ce travail.

Dans un premier temps, les auteurs du rapport ont insisté sur la nécessité d’une approche systémique de la recherche dans ce secteur. Les sciences économiques humaines et sociales sont notamment au cœur de ce premier point. Pour Stéphane Le Foll, l’acceptabilité sociale de l’exploitation de la forêt est « un sujet de crispation à prendre en compte. Si je dis aujourd’hui que la forêt a augmenté en France, on ne me croira pas, pourtant elle a augmenté. »

Mesurer les performances environnementales

Numérique, éducation et performance environnementale étaient également au menu de l’approche systémique. Sur les performances environnementales, Stéphane Le Foll a insisté sur « la nécessité d’avoir des indicateurs si on veut avancer sur les services que rend la forêt ». D’après les missionnés sur les 970 €/ha que rapportent les performances environnementales de la forêt, seuls 150 €/ha sont mis sur le marché. Le ministre a demandé que de tels indicateurs puissent être identifiés et présenté lors de la Nuit de l’agroécologie.

Concernant la ressource, le rapport met en avant des besoins de recherche sur la résilience face aux changements climatiques, la génétique, la fertilisation des sols ou encore le pilotage des forêts par télédétection. Le ministre a mis en avant une ressource en biomasse présente sur des terres de déprises agricoles et qui ne sont pas exploitées aujourd’hui.

Pour l’aval de la filière c’est la construction qui a été mise en avant comme la locomotive du secteur. Le ministre a précisé qu’en plus d’être un débouché en expansion, cette utilisation du bois permettait de stocker le carbone. L’utilisation de la cellulose dans la chimie du bois a également été citée comme prometteuse pour l’avenir de la filière.

Un panorama des financements

La deuxième partie du rapport, qui concerne le financement de la recherche, a été élaboré par la Caisse des dépôts. Ce travail, qui répertorie les sources mobilisées et mobilisables de financement, a été qualifié d’exceptionnel et d’inédit par Thierry Mandon, secrétariat d’État de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il a permis de répertorier 200 millions d’euros de financement pour la recherche et l’innovation dans la filière du bois et de la forêt, soit 0,35 % du chiffre d’affaires total.

À la suite du rapport, la Caisse des dépôts recommande de chercher des financements auprès de l’Europe, qui ne représente que 5 millions d’euros à ce jour. Elle préconise également d’approfondir et de mettre à jour son panorama des financements, point sur lequel le ministre s’est engagé.

Tanguy DhelinJournaliste web