« Face aux errements passés et la gravité de la situation, l’UFC-Que Choisir ne tolérera plus le recours aux mesures palliatives ineptes comme la politique des bassines ou la recherche de nouveaux captages, ou incantatoires avec des engagements de la profession jamais suivis d’effet », écrit-elle dans un communiqué paru le 8 août 2017.

Attaquer « la vraie responsable »

L’association demande que soit attaquée « la vraie responsable : l’agriculture intensive, alors que les consommateurs ont été déjà trop largement mis à contribution. » Elle pointe du doigt « la responsabilité de l’agriculture intensive dans le triste état quantitatif et qualitatif de la ressource aquatique, et l’archaïsme des politiques publiques (soutien à l’agriculture intensive, campagnes de dépollution de l’eau plutôt que de prévention, principe du pollueur-payeur, etc.) pour remédier à la situation. »

Selon l’association, « la multiplication et l’aggravation des périodes de sécheresse exigent clairement aujourd’hui un changement d’orientation et de braquet dans l’action des pouvoirs publics pour la préservation de la ressource. »

Trois chantiers fondamentaux

L’UFC-Que Choisir réclame au gouvernement :

  • des « mesures ambitieuses de prévention de la ressource », car selon l’association « les pollutions agricoles font peser une menace bien réelle sur les ressources en eaux brutes. Les pollutions en pesticides et en nitrates constituent les premières causes de fermetures de captages en France. »
  • « l’application stricte du principe préleveur – pollueur-payeur : aux antipodes du principe pollueur-payeur, les redevances de l’eau sont payées à près de 90 % par les consommateurs alors que les agriculteurs sont les principaux utilisateurs (pas moins de 80 % de consommation nette l’été) et pollueurs de la ressource », s’insurge l’UFC-Que Choisir
  • des « aides à la reconversion des pratiques agricoles », affirmant que « ce ne sont pas les agriculteurs qui sont coupables de cette situation, mais les politiques publiques qui les ont contraints à aller vers le productivisme et l’agriculture intensive ». L’association demande « une réorientation des aides agricoles, nationales et européennes pour des pratiques plus respectueuses de la ressource, de la santé des populations et de leur environnement ».

I.E.