Valérie Pécresse, la présidente du conseil régional de l’Île-de-France, annonce le 22 août 2016 dans un communiqué une aide de 6,5 millions d’euros destinée aux céréaliers « pour venir en soutien dans leurs investissements et préserver le capital génétique de la filière céréalière francilienne ».

Cela représente environ 32,50 €/ha, sur une base de 130 ha de surface moyenne par exploitation. Cette aide n’est pas ponctionnée sur le budget agricole et provient d’un « redéploiement de budget », selon le conseil régional.

Des rendements diminués de moitié

Le conseil régional estime la baisse des rendements à 50 % en moyenne, et jusqu’à 70 % dans certaines zones. Une perte qui intervient « après trois années de prix très déprimés [...], qui hypothèque, pour certains, la mobilisation des moyens nécessaires aux préparatifs de la prochaine campagne », selon le conseil régional.

C’est pourquoi la Région de l’Île-de-France encourage « les agriculteurs à investir dans des semences certifiées de qualité en céréales d’automne, afin d’éviter de ressemer la mauvaise récolte de 2016 et un effet “domino” préjudiciable à la filière. Ainsi, chaque agriculteur francilien pourra faire ses prochains semis avec des semences certifiées de qualité, au prix de la semence de ferme. »

Le dispositif de cette aide régionale ainsi que ses modalités seront présentés à la prochaine séance du conseil régional, le 22 septembre 2016. Cette mesure exceptionnelle de soutien aux céréaliers s’ajoute au million d’euros consacré aux maraîchers et aux éleveurs à la suite des inondations.

La CR réagit

La Coordination rurale (CR) a réagi à cette annonce, demandant que « les aides soient ciblées sur les agriculteurs eux-mêmes plutôt que détournées en faveur de leurs fournisseurs », en constatant que les aides du conseil régional iraient aux semences certifiées.

Concernant les aides sur les intrants de la nouvelle campagne, la CR appelle la filière à la solidarité. « La gestion en étant attribuée aux coopératives, ces aides seront délivrées à leur discrétion [...]. Autant dire que la marge de manœuvre de l’agriculteur sera très réduite. Ce sont les agriculteurs qui subissent la crise ! Tout doit être mis en œuvre pour qu’ils bénéficient de 100 % des aides accordées. »

Le Modef demande une dérogation pour les semences de ferme

Dans un communiqué de presse diffusé le 23 août 2016, le Modef considère qu’« encore une fois les semenciers vont profiter d’argent public ! Car ce n’est pas une aide aux agriculteurs mais bien aux semenciers qui sera versée. Permettant, malgré la difficulté que traverse la filière de faire payer les semences au prix fort. »

Le syndicat rappelle que « la loi interdit le commerce des semences de ferme [et que], dans les conditions actuelles, on ne peut récupérer que de la graine prévue à la vente. Etant donnée les conditions exceptionnelles, le Modef demande que le gouvernement mette en place une dérogation sur la loi sur les semences pour utiliser ces graines. »

R.A. et I.E.