À en croire FranceAgriMer, l’Hexagone va augmenter ses chargements de blé tendre vers les pays tiers. Les exportations vers l’Algérie (3,383 millions de tonnes (Mt)), le Maroc (0,565 Mt) ou l’Égypte avec laquelle « il y a encore matière à concurrence avec les États-Unis », souligne Marc Zribi, chef de l’unité des grains et du sucre, ont atteint 6,02 Mt au 11 mars 2019 car les...
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À en croire FranceAgriMer, l’Hexagone va augmenter ses chargements de blé tendre vers les pays tiers. Les exportations vers l’Algérie (3,383 millions de tonnes (Mt)), le Maroc (0,565 Mt) ou l’Égypte avec laquelle « il y a encore matière à concurrence avec les États-Unis », souligne Marc Zribi, chef de l’unité des grains et du sucre, ont atteint 6,02 Mt au 11 mars 2019 car les prix français sont compétitifs. Et d’ajouter : « La balance bascule vers les exportations à destination des pays tiers pour cette campagne, ce qui n’était pas le cas de la précédente. »

  • D’une part, le faible coût du fret par rapport au concurrent argentin ouvre les portes des pays méditerranéens, du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne.
  • D’autre part, la chute des cours régulière depuis le début de l’année impacte la demande. Cette tendance est accentuée par la hausse des prix des blés russes car moins présents et aussi parce que « les Russes vont chercher de plus en plus loin, donc la logistique coûte plus cher », remarque Rémi Haquin, président du conseil spécialisé de la filière céréalière. Parallèlement, la moindre demande en utilisation animale dégage des volumes disponibles à l’export.

En revanche, l’Union européenne (89 % des expéditions sont réalisées en direction de la Belgique, des Pays-Bas, de l’Espagne, de l’Italie et du Portugal) a été moins demandeuse que le mois dernier avec un recul de 70 000 tonnes à 7,9 Mt (3,990 Mt au 11 mars 2019). « Cela s’explique du fait du “switch” entre le blé tendre et le maïs en alimentation animale notamment », poursuit Marc Zribi.

Les destins de l’orge et du maïs liés

Du côté de l’orge, la dynamique est inverse puisque les exportations vers les pays tiers sont en recul, notamment auprès de « l’Arabie Saoudite qui en achète en général 7 à 8 Mt/an » et la Chine, qui représentent à elles deux, 50 % du marché. Pour la première, cette baisse de la demande résulte du remplacement de l’orge par le maïs en alimentation animale principalement, et pour la seconde, la peste porcine africaine en est la cause. Il est à noter que si les tensions entre les États-Unis et la Chine s’apaisent, l’empire du Milieu pourrait remplacer l’orge hexagonale par du soja de l’Oncle Sam !

Le maïs français perd des parts vers la destination de l’UE puisque les exportations reculent de 220 000 tonnes, à 4 Mt. Marc Zribi explique cette tendance par « la baisse de la demande des pays du Benelux et de l’Allemagne qui se sont tournés vers l’offre ukrainienne très compétitive et en raison du phénomène des basses eaux du Rhin et du Danube ». Les exportations vers les pays tiers restent, pour leur part, inchangées à 120 000 t.

Évolutions des surfaces

À l’échelle mondiale, les jeux ne sont pas faits puisque « les surfaces en blé tendre augmentent de 1,1 %, soit 219,6 Mha », souligne Marc Zribi, avec l’Australie en tête qui culmine à +18 % (11,8 Mha) en raison du rattrapage nécessité par la sécheresse de 2018. L’Union européenne est à +4,8 % (1,2 Mha) et la Russie à +0,7 % (27,2 Mha). Les surfaces mondiales en orges ont une progression un peu plus faible de +0,6 % (49,3 Mha) avec l’Ukraine à +12 % (2,8 Mha), l’Australie à +2,5 % (4,1 Mha), la Turquie à +3,7 % (2,8 Mha) ou le Canada à +4,2 % (2,5 Mha).

Enfin, les projections pour la campagne de 2019-2020 des États-Unis affichent des surfaces à la baisse pour les trois principales cultures (soja, maïs, blés) à – 1 %. Le conflit sino-américain impacte les semis de soja, lequel sera probablement remplacé – selon le rapport de l’USDA – par du coton, du maïs et du blé de printemps.

I. La.