« Le prix d’intervention est actuellement de 101,7 € par tonne, signalent la CR et l’OPG dans un communiqué paru le 22 août 2017. C’est un prix non réajusté depuis 1992. Il inclut les marges des organismes stockeurs. Cette valeur n’a plus aucun rapport avec la réalité économique. »

Stopper les importations de Russie et d’Ukraine

Cette demande à Bruxelles du doublement du prix d’intervention pour la France intervient alors que le prix du blé est passé sur le marché à terme de 181,75 €/t le 11 juillet 2017 à 152,25 €/t le 21 août.

La CR et l’OPG demandent également à la Commission « un arrêt complet des importations de céréales en provenance des pays tiers, particulièrement d’Ukraine et de Russie qui profitent de l’absence de préférence communautaire pour déverser leurs excédents au sein des 28 États membres. »

Perte de 525 €/ha

« Il en va de l’avenir de nos producteurs et de nos productions et des espaces ruraux », alertent les syndicats. Et de chiffrer : « Le prix du blé au départ de la ferme est aujourd’hui de l’ordre de 130 €/t. Avec des aides Pac qui correspondent en moyenne à 20 €/t, l’agriculteur obtiendra 150 € par tonne de blé. »

La CR et l’OPG mettent en perspective ces chiffres avec les données Arvalis-Unigrains-CER France sur le rapport de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (page 192, graphique 128) « qui indiquent que le coût de revient du blé à la production serait de 224 €/t pour un rendement de 7,1 tonnes par hectare (estimation FranceAgriMer 2017). Les agriculteurs perdent donc 74 € pour chaque tonne de blé produite, soit 525 €/ha ! »

« Combien de temps pourra-t-on tenir dans ces conditions ? lancent la CR et l’OPG. A priori très peu, sachant que les chiffres de 2017 reproduisent ceux de 2016 et que les aides Pac baisseront à nouveau d’une dizaine d’euros à l’hectare en 2018 et en 2019. »

Selon les syndicats, « la première conséquence va se manifester par une flambée des redressements judiciaires en agriculture dont l’image de fleuron national appartient désormais au passé parce que victime de l’incurie politique. »

I.E.