Par 18 voix pour et 9 contre, la commission spéciale a donné le feu vert au projet de loi qui, entre autres, assouplit l’usage des produits phytosanitaires contenant des composants nuisibles pour la santé, une fois qu’ils auront été soumis à une analyse de risque.

Changement de tutelle

Le texte, rédigé par l’actuel ministre de l’Agriculture, Blairo Maggi, lorsqu’il était sénateur, confie au ministère de l’Agriculture le pouvoir de délivrer les autorisations aux producteurs de produits phytosanitaires, démarche relevant actuellement du ministère de la Santé et de l’Environnement.

Les députés en faveur du nouveau texte estiment que la loi actuelle, adoptée en 1989, est désormais désuète et ne tient pas compte des impératifs du secteur. Mais les opposants au texte sont vent debout contre celui-ci.

Pression des ONG

« Les députés ruraux approuvent la “loi du poison” en réunion à huis clos. Actuellement, la pression s’exerce sur le président de la chambre des députés, Rodrigo Maia, qui s’est engagé à ne pas voter au cours de la séance plénière », a tweeté Greenpeace Brésil peu après l’adoption du texte.

En mai, l’Institut brésilien de l’environnement (Ibama) avait lui aussi émis des réserves sur un certain nombre de dispositions du projet de loi. Durant les débats, des personnalités telles que la top model Gisele Bundchen et le chanteur Caetano Veloso ont usé de leur influence sur les réseaux sociaux pour s’opposer à l’adoption du texte.

Depuis 2008, le Brésil est le plus grand marché mondial pour les produits phytosanitaires, selon une étude de l’Association brésilienne de la santé collective (Abrasco). Quatre-vingts pour cent de ces produits sont utilisés pour la production de soja, de canne à sucre, de maïs et de coton.

AFP