« Les ventes américaines sont généralement inférieures aux anticipations des analystes depuis quelques semaines. Et bien qu’elles montrent parfois des signes de solidité, elles sont loin de ce à quoi l’on s’attendait il y a quelques mois », a commenté Bill Nelson, de Doane Advisory Services.

Des cultures d’hiver en bon état

Le spécialiste fait référence aux rumeurs récurrentes à l’époque d’une baisse des exportations russes. Celle-ci aurait fortement réduit la concurrence sur le marché international, et aurait pu bénéficier au blé américain, ce qui ne s’est finalement pas produit.

Le cours est également mis sous pression par l’état des cultures de blé d’hiver aux États-Unis, bien au-dessus de la moyenne des cinq dernières années. Un rapport du ministère américain de l’Agriculture (USDA) a fait état lundi de cultures de qualité « bonne » ou « excellente » à 64 % à la fin avril.

Un tour de plaine concernant le blé au Kansas cette semaine s’est aussi montré très optimiste sur la production, ont relevé les analystes de la maison de courtage Allendale.

Les pluies perturbent les semis de maïs

À l’inverse, le cours du maïs a progressé, bénéficiant de conditions météorologiques particulièrement difficiles dans sa principale zone de production au nord des États-Unis, la « corn belt ».

Les récentes pluies et surtout celles prévues tout au long du mois de mai ne devraient pas arranger les affaires des agriculteurs chargés de semer les graines lors de cette période cruciale. D’autant que ces derniers accusent déjà de lourds retards.

Les exportations américaines de soja décevantes

Cette situation a eu un effet sur le cours du soja également, dont les semis démarrent traditionnellement un peu plus tard que pour le maïs. « Dans l’esprit des courtiers, il y a l’idée que si les agriculteurs ne parviennent pas à semer du maïs à temps, ils utiliseront leurs terrains pour le remplacer par du soja », a affirmé Bill Nelson.

Celui-ci a par ailleurs noté que le soja est plus généralement lesté par les expéditions relativement décevantes de soja américain à l’étranger, notamment en raison de la guerre commerciale que se livrent Washington et son traditionnel premier partenaire mondial sur ce segment, Pékin.

« Ces chiffres sont en dessous des prévisions de l’USDA. En conséquence, le ministère pourrait revoir à la baisse ses perspectives d’exportations annuelles dès le rapport Wasde de vendredi prochain », a affirmé Bill Nelson, en référence au rapport mensuel des autorités sur l’offre et la demande mondiale, très suivi par les investisseurs.

Le boisseau de blé (environ 25 kg) pour juillet, le plus échangé, a fini à 4,3800 dollars vendredi, contre 4,4250 dollars à la fermeture vendredi dernier (–1,02 %). Le blé a perdu près de 7 % sur les quatre dernières semaines.

Le boisseau de maïs pour livraison en juillet, également le contrat le plus actif, a clôturé à 3,7075 dollars, contre 3,6125 dollars une semaine auparavant (+2,63 %).

Le boisseau de soja pour livraison en juillet, désormais le plus actif, a terminé à 8,4225 dollars, contre 8,6700 dollars vendredi dernier (–2,85 %).

AFP
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Légère hausse dans un contexte confus

L’administration d’une aide d’urgence aux farmers américains et les estimations de récolte russes ont joué sur les cours des céréales ce vendredi. Ils étaient en légère hausse en fin de journée.