Wilbur Ross, le secrétaire américain au Commerce, a annoncé cette semaine des mesures « préliminaires » anti-subventions visant les importations en provenance de l’Argentine et de l’Indonésie. La décision finale devrait être rendue le 7 novembre prochain. L’Argentine, premier producteur mondial de biodiesel, pensait avoir fait le plus dur en obtenant gain de cause devant l’OMC (Organisation mondiale du commerce) face à l’Union européenne.

« Cette mesure est absurde »

En 2016, l’Argentine a exporté pour 1,2 milliard de dollars de biodiesel vers les États-Unis, et pour 700 000 dollars sur les six premiers mois de 2017. « Pour nous, cette mesure préliminaire est absurde, injustifiée et arbitraire », déclare Gustavo Idigoras, de la Chambre argentine des biocarburants (Carbio), assurant que l’État argentin n’accordait aucune subvention aux producteurs de biodiesel.

Outre les subventions, les États-Unis estiment que les Argentins font du dumping. Cette décision, poursuit Gustavo Idigoras, « nous surprend et la conséquence directe est une paralysie absolue du secteur » en Argentine, qui exporte 95 % de sa production vers les États-Unis et qui s’attendait pour 2017 à des exportations records de 1,6 milliard de dollars.

« Pas de marché alternatif »

Cette industrie emploie directement en Argentine 3 000 personnes, dans les provinces de Santa Fe (Rosario) et Buenos Aires. L’Argentine peut déposer des recours, mais les procédures prennent des mois, et « pendant ce temps, nous sommes en dehors du marché, il n’y a pas de marché alternatif, s’il n’y a pas de mesures prises, nous sommes aux portes d’une crise », prévient le responsable de la Chambre argentine des biocarburants.

AFP