« Ce projet va se faire, les autorités françaises au plus haut niveau de l’État le soutiennent, a-t-il assuré lors d’une conférence de presse. L’unité démarrera à l’été 2018 et bien évidemment en respectant les règles. »

275 millions d’investissement

Total a lancé en 2015, un projet de transformation de sa raffinerie de la Mède, alors déficitaire. Le groupe a cessé d’y raffiner du brut et a investi 275 millions d’euros, y installant notamment un dépôt pétrolier, une ferme solaire, un centre de formation et bientôt une bioraffinerie.

Cette dernière doit utiliser de 60 à 70 % d’huiles végétales (soja, colza, tournesol, maïs, palme) et de 30 à 40 % d’huiles alimentaires usagées (huile de friture) et d’huiles résiduelles (graisse animale, huiles issues de l’industrie papetière ou résidus de palme…).

Des associations de défense de l’environnement se sont inquiétées de l’approvisionnement en huile de palme, dont la production en Malaisie et Indonésie entraîne, selon elles, une déforestation fragilisant l’écosystème et menaçant les populations de rhinocéros, orangs-outans et tigres.

L’huile de palme dans le viseur du Parlement européen

Les députés européens ont voté en janvier pour une suppression progressive de l’huile de palme dans les biocarburants d’ici à 2021. Ce vote, qui n’est pas contraignant, doit maintenant faire l’objet d’une négociation avec le Conseil européen et la Commission.

Total a, de son côté, souligné que les huiles végétales utilisées seraient certifiées durables. « Si à la fin on ne fait que réglementer des unités européennes et qu’on laisse le biodiesel des autres pays rentrer sans avoir les mêmes contraintes, il ne faudra pas nous expliquer qu’on a besoin d’une politique industrielle européenne », a commenté Patrick Pouyanné.

AFP