Dans un communiqué daté du 11 septembre 2017, la CGB estime que les surfaces atteindraient 480 000 ha, soit une augmentation de 20 %. À la lumière des premiers prélèvements réalisés par les syndicats betteraviers, la CGB se dit « assez optimiste » même si des disparités importantes entre régions sont à prévoir. Le rendement à 16°S est estimé à 91,8 t/ha, en hausse de 4,5 t/ha par rapport à la moyenne quinquennale.

Il est meilleur que l’an dernier (85 t/ha) mais en comparant les valeurs des dix dernières années, il stagne. Ainsi, si les estimations se confirment, « il ne s’agirait que de la troisième meilleure campagne, derrière les années 2009 et 2011 », rappelle la CGB. Le rendement en sucre par hectare est, quant à lui, estimé à 14,4 tonnes de sucre acheté à l’hectare. C’est une hausse de 0,8 t/ha par rapport à la moyenne quinquennale.

Allongement des durées de campagne

Avec la fin des quotas, les surfaces de betteraves ont augmenté de 20 % cette année et les usines commencent donc à travailler les betteraves plus tôt que les années précédentes. Elles vont aussi devoir fonctionner plus longtemps afin de traiter ces betteraves supplémentaires.

La CGB souhaite rappeler « qu’une ouverture trop précoce des usines est pénalisante pour le rendement ». Les calculs montreraient que des arrachages au début de septembre conduisent à une perte de rendement de 30 % et des arrachages au début d’octobre à une perte de 10 %.

Et « cela arrive dans un contexte économique déprimé, puisque le marché mondial du sucre montre de gros signes de faiblesses depuis le printemps dernier, avec un cours proche des 13 cts/lb », ajoute le syndicat dans son communiqué.

Changement de régime

« Depuis 50 ans, un prix minimal garanti d’achat de la betterave et une production sous quota assuraient l’agriculteur d’une grande stabilité de son revenu, estime la CGB. À partir du 1er octobre 2017, la fin des quotas sucre est actée, et la filière, même si elle se prépare à cette échéance depuis longtemps, va devoir faire face à une plus grande volatilité des prix et à une plus forte concurrence. »

« Ce changement est source d’opportunités mais aussi de risques. Si la France pourra dorénavant exporter du sucre sur un marché mondial sans limite, il est impératif qu’elle soit compétitive », insiste la CGB. Et d’estimer nécessaire que les pouvoirs publics accompagnent cette dynamique d’innovation et de compétitivité. « L’enjeu est de taille si la France souhaite sauvegarder une filière de référence, et son statut de premier producteur mondial de sucre de betterave », souligne le syndicat.