Cet accord, qui concerne toutes les semences de légumes de Bayer ainsi que des insecticides, intervient après une transaction comparable annoncée en octobre et portant sur près de 6 milliards d’euros de semences et plusieurs désherbants.

Les deux groupes allemands avaient fait savoir au début de mars qu’ils étaient en « négociations exclusives » pour conclure cette nouvelle vente, destinée à « répondre aux inquiétudes de la Commission européenne » concernant le rachat de Monsanto par Bayer.

Or, Bruxelles a dans l’intervalle autorisé sous conditions le 21 mars cette absorption du mastodonte américain des pesticides et des semences OGM, pour peu que Bayer se déleste d’une grande partie de ses activités agrochimiques.

Le groupe de Leverkusen abandonne cette fois « l’ensemble de ses semences de légumes », commercialisées sous la marque Nunhems, ainsi que les insecticides vendus sous les marques Poncho, Votivo, Copeo et Ilevo, la plate-forme de recherche sur le blé hybride, et Xarvio, son offre d’agriculture numérique.

Le tout représentait l’an dernier un chiffre d’affaires cumulé de 745 millions d’euros, et implique le transfert d’environ 2 500 salariés d’un groupe à l’autre, dont environ 150 en Allemagne.

Mariage avant l’été

BASF, longtemps resté spectateur de la recomposition du marché de l’agrochimie, renforce pour sa part sa nouvelle position sur le marché des semences.

Le transfert de ces activités demeure conditionné au rachat de Monsanto par Bayer, que les futurs époux entendent finaliser avant l’été. Selon la presse américaine, le département américain de la Justice pourrait prochainement autoriser l’opération.

Le projet d’acquisition de Monsanto par Bayer pour 66 milliards de dollars (56 milliards d’euros) avait été dévoilé en septembre 2016 et a pour l’heure obtenu le feu vert de plus de la moitié des 30 autorités de régulation concernées à travers le monde.

Vague de concentrations

En 2017, la Commission avait déjà autorisé deux mégafusions dans l’agrochimie, avec le mariage des géants américains Dow et DuPont, puis le rachat du suisse Syngenta par le géant chinois ChemChina pour 43 milliards de dollars.

Cette vague de concentrations, poussée notamment par la baisse des marges des groupes de ce secteur avec des prix agricoles qui restent bas, avait à chaque fois suscité de nombreuses inquiétudes parmi les défenseurs de l’environnement.

Avec l’AFP