La Commission a maintenant jusqu’au 15 mars 2017 pour rendre sa décision. ChemChina avait dévoilé en février une offre de 43 milliards de dollars (37,9 milliards d’euros) sur l’agrochimiste suisse, ce qui serait la plus grosse acquisition jamais réalisée par un groupe chinois à l’étranger.

Un secteur en pleine restructuration

La transaction est complexe en raison de sa taille, et intervient alors que le secteur est en pleine phase de consolidation entre le projet de fusion des américains Dow Chemicals et DuPont – sur lequel la Commission a également ouvert une enquête – et l’offre de Bayer sur Monsanto.

« Nous devons soigneusement examiner si le projet de concentration est susceptible d’entraîner une hausse des prix ou une réduction du choix pour les agriculteurs », a déclaré Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la Concurrence, citée dans le communiqué.

Des gammes « qui se chevauchent »

Syngenta et ChemChina, qui détient l’entreprise israélienne Adama, le plus grand fournisseur de produits phytosanitaires génériques en Europe, possèdent chacun de vastes gammes de produits « qui se chevauchent partiellement », s’inquiète la Commission.

« Les entreprises ont l’intention de poursuivre les discussions constructives avec les autorités de l’Union européenne en vue de conclure l’examen dès que possible », a commenté Syngenta dans un communiqué.

Des ambitions internationales

L’entreprise avait annoncé mardi que le Comité sur les investissements étrangers aux États-Unis ainsi que 11 autorités de la concurrence ont déjà donné leur accord au rachat par ChemChina. Les deux groupes s’attendent à ce que le processus réglementaire se poursuive au cours du premier trimestre de 2017.

ChemChina, un mastodonte à capitaux publics dont la gestion dépend directement du gouvernement central, ne cache pas ses ambitions internationales tous azimuts. Il a mis la main en 2015 sur le fabricant italien de pneus Pirelli dans une opération valorisée à 7,4 milliards d’euros, avant d’annoncer le rachat de l’allemand KraussMaffei, un fabricant de machines-outils.

Un autre « supermastodonte » à l’horizon

En quête de diversification, ChemChina avait également pris à la mi-janvier une participation de 12 % dans la firme de courtage suisse Mercuria. Mais il peine, selon la presse chinoise, à financer le rachat de Syngenta. Pour accroître sa marge de manœuvre, Pékin serait en train de préparer sa fusion avec un autre géant étatique, Sinochem, ce qui créerait un supermastodonte de la chimie, selon Bloomberg.

Cette fusion monumentale, qui bouleverserait le paysage de l’industrie chimique, répondrait néanmoins à la stratégie de Pékin de regrouper et de rationaliser les entreprises publiques, pour les rendre plus rentables et pour enrayer les rivalités des groupes étatiques au sein d’un même secteur.

AFP