Le ministère rappelle que la campagne de commercialisation 2017 de l’abricot français a commencé à la mi-mai. La Provence a ouvert le bal, avec une quinzaine de jours d’avance. Cette avance a eu pour conséquence « un télescopage avec la récolte espagnole qui présentait en 2017 un retard dans la région de Murcie. Cette concurrence élevée a pour effet de faire pression sur les prix de vente de l’abricot français en début de campagne. »

Les prix plongent

Bilan, en mai, les cours étaient inférieurs de 18 % à leur moyenne 2012-2016. La concurrence a été également vive à l’exportation face à des produits espagnols offerts sur le marché européen à bas prix. « En juin, le marché est toujours compliqué, notamment en petits calibres. Parmi les variétés précoces, seul Orangered parvient à être écoulé de manière plus fluide. Les fortes températures accélèrent la récolte et entraînent un chevauchement variétal. »

Ce chevauchement a déstabilisé le marché, « malgré un niveau d’importation de l’abricot espagnol plus faible, et le niveau des stocks augmente. Des ventes en « abricots confiture » ont lieu en GMS pour soulager le marché. Les ventes à l’exportation ont, pour leur part, pris du retard en raison d’une concurrence élevée sur les marchés européens. En juin, les cours sont inférieurs de 27 % à la moyenne 2012-2016. »

Marché encombré

Début juillet, le marché restait encombré avec des stocks importants. « Le produit est déclaré en situation de crise conjoncturelle pendant 6 jours. Sur la deuxième partie du mois, avec la fin des autres variétés, l’écoulement du Bergeron est plus fluide. L’exportation permet de belles sorties. Les prix de juillet sont inférieurs de 25 % à la moyenne 2012-2016. Malgré la hausse de la production, le chiffre d’affaires national en 2017 chuterait de 15 % et de 27 % comparé à la moyenne 2012-2016. »

Côté production, à fin juillet, la majeure partie a été récoltée :

  • En Vallée du Rhône, le ministère table sur une récolte supérieure de 75 % à celle de l’an dernier, exceptionnellement déficitaire. « Le temps très chaud, sec et ensoleillé de juillet a favorisé une maturité rapide et un mûrissement des fruits qui sont de coloration soutenue. Les ventes insuffisantes ont entraîné l’arrêt de la cueillette chez certains producteurs. […] Fin juillet, la récolte se termine pour la variété Bergeron. Elle débute pour les variétés les plus tardives. Dans les vergers épargnés par les intempéries (gel d’avril et orages), les volumes sont au rendez-vous. »
  • En Roussillon, à la mi-juillet, la récolte est presque terminée. Elle se poursuit en Languedoc par les variétés tardives. La production du bassin augmente de 8 % sur un an. Les surfaces d’abricotiers progressent suite aux plantations des dernières années (+ 1 %).
  • En Paca, la récolte s’achève avec la cueillette des variétés les plus tardives. « La production a été très belle cette année avec peu de problèmes sanitaires, les arbres étant bien chargés, avec de beaux calibres. Le gel d’avril aura peu entamé la production régionale. La production serait supérieure de 12 % à celle de 2016. Les surfaces en production se replieraient légèrement sur un an. »

En Europe aussi

Au niveau européen, le MEDFEL estime que la récolte sera supérieure de 17 % à l’an dernier et de 10 % à sa moyenne 2011-2015. « Les principaux pays producteurs renoueraient avec un niveau de production élevé. En Italie, premier producteur européen, la récolte pourrait progresser de 20 % sur un an et de 11 % par rapport à la moyenne 2011-2015. Seule l’Espagne verrait sa production baisser de 17 % sur un an, tout en se situant au-dessus de la moyenne 2011-2015 (+ 13 %). »