Il y a moins d’abricots dans les vergers. Le ministère de l’Agriculture, dans une note Agreste du 15 mai 2018, indique qu’au 1er mai, la production estimée décroche de 14 % par rapport à la récolte de 2017. Même tendance pour l’Europe qui, selon le Salon international d’affaires de la filière des fruits et légumes de l’Euroméditerranée (Medfel), voit sa récolte baisser de 18 %. Les chiffres ne sont toutefois pas si alarmants dans la mesure où l’année 2017 affichait des rendements historiquement élevés, bondissant de 39 %.

Parmi nos concurrents les plus importants, l’Espagne produirait 9 % de plus que l’an passé, en se situant 38 % au-dessus de sa moyenne de 2012 à 2016. Ce, malgré un retard de production estimée de deux ou trois semaines lié à des conditions climatiques défavorables. « Les nouvelles plantations qui arrivent en production expliquent l’essentiel de cette progression », note le ministère. En revanche, l’Italie, premier producteur européen, est à la peine, avec une production en déclin de 33 % sur un an. Medfel rappelle toutefois que la Botte a produit moitié plus d’abricots en 2017 par rapport à l’année précédente.

Les cours décrochent

En 2017, année marquée par une production pléthorique (+41 %), le chiffre d’affaires national de l’abricot a chuté de 11 % sur un an. Un recul que le ministère explique par des prix qui ont dégringolé de 37 % sur un an, que n’a pas compensé la hausse de la production. Dès le début de la campagne, la commercialisation a pâti de la concurrence des importations espagnoles, d’une consommation qui n’a pas su couvrir l’arrivée massive des disponibilités, d’une sous-maturité de certains lots, et d’exportations qui, bien qu’en hausse de 28 %, n’ont pas permis de compenser le déséquilibre sur le marché intérieur.

Selon le ministère de l’Agriculture, le contexte européen de surproduction explique également la faiblesse des cours français et le report des exportations espagnoles vers la France.