« Les semaines passent et l’urgence est toujours plus criante : des exploitations vont disparaître, faute d’un engagement concret et conséquent des pouvoirs publics. » Dans une lettre adressée au ministre de l’Agriculture, datée du 5 juillet 2018, la Fédération française des apiculteurs professionnels, l’Union nationale de l’apiculture française, ainsi que la Confédération paysanne dénoncent l’inertie de Stéphane Travert à l’égard des apiculteurs. Alors qu’ils sonnent l’alerte depuis avril, ils « sont toujours sans réponse de l’État sur les surmortalités d’abeilles constatées en sortie d’hiver ».

Quid de la baisse des charges sociales

Les représentants syndicaux s’interrogent sur le devenir des exploitations sinistrées. « Sans moyen de production, dans l’incapacité de produire du miel, nos collègues sont anéantis ». Ils font valoir « une perte massive de leur colonie, jusqu’à 80 % de leurs ruchers ».

Or, « même une mesure comme la prise en charge des cotisations Amexa pour l’année 2018 n’a toujours pas été activée, alors que nos interlocuteurs ministériels nous ont assuré qu’elle serait facile et rapide à mettre en place », plaident-ils.

Les apiculteurs attendent « la mise en place urgente d’un plan exceptionnel de sauvegarde des exploitations sinistrées ».

Une enquête trop tardive

« Après de longues semaines de déni », le ministère de l’Agriculture a lancé deux enquêtes pour un état des lieux précis des mortalités, reconnaissent-ils. Mais, pour l’une d’elles, les résultats auraient été diffusés sur le site du ministère, puis finalement retirés, selon le collectif.

Par ailleurs une enquête pilotée par l’Anses a été lancée au début de juillet dans le cadre de la plateforme nationale d’épidémiosurveillance en santé animale (ESA). Les résultats sont attendus en octobre, à la veille de la prochaine mise en hivernage. Mais, pour les apiculteurs, ce sera trop tard, ajoute leurs représentants.

Rosanne Aries