Faisant suite à la nouvelle autorisation du traitement de semences Cruiser 350 (à base de thiaméthoxam), l'Unaf (Union nationale de l'apiculture française) estime que le gouvernement a privilégié les intérêts financiers de l'agrochimie au détriment des insectes pollinisateurs et de l'apiculture.

Le syndicat informe pourtant que le plan de surveillance a fait apparaître des cas avérés d'intoxication des abeilles au thiaméthoxam. « Mais l'Afssa, comme d'habitude, réfute ce lien de causalité et invoque des causes multifactorielles », commente l'Unaf.

En autorisant pour la quatrième fois avec une AMM (autorisation de mise sur le marché) d'un an le Cruiser, elle juge que le ministère de l'Agriculture a inventé un système d'autorisation annuelle indéfiniment renouvelable, en l'absence de certitude sur l'innocuité.

L'Unaf a déjà saisi trois fois le Conseil d'Etat et pense donc que ce procédé est d'épuiser ceux qui se battent pour le respect de la législation limitant les pesticides, les obligeant à multiplier les contentieux.

Le syndicat apicole certifie pourtant que dans tous les pays où l'on pratique l'agriculture intensive avec l'utilisation de ces insecticides, les apiculteurs déplorent des mortalités massives de leurs colonies d'abeilles. Il informe aussi qu'en Italie, les insecticides de la même famille ont été retirés depuis trois ans. L'Unaf insiste enfin sur le rôle de pollinisateur du cheptel apiaire français, qui ne cesse de diminuer.

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