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Lactalis concède une hausse du prix du lait

Crise laitière
 - Lactalis concède une hausse du prix du lait
Suite à l’accord, la FNSEA et les JA ont décidé la fin des actions contre Lactalis ©FDSEA 41

De 280 €/1 000 l en août, le prix de base devrait atteindre 300 € en décembre, soit une moyenne annuelle de 275 €.

Après plus de deux semaines de tensions entre Lactalis et le syndicalisme majoritaire, le géant mayennais a finalement concédé quelques euros à ses livreurs. Les deux premières réunions avec les organisations de producteurs (OP) concernées (APLBL, OPLGO, OPNC et Unell), jeudi et vendredi derniers, s’étaient soldées par des échecs. Le troisième cycle, engagé tôt mardi 30 au matin, s’est conclu sur un accord.

« Nous avons réussi à trouver un point d’accord sur une rémunération d’ici à la fin de l’année qui est de 290 €/1 000 l » sur les cinq derniers mois, a annoncé Sébastien Amand, vice-président de l’OPNC, en sortant de la réunion. Le lait, en prix de base flexibilité incluse, sera payé 280 €/1 000 l en août, et augmenté de 5 € en 5 € pour atteindre 300 €/1 000 l en décembre. Soit une moyenne annuelle autour de 275 €/1 000 l pour Lactalis France. Selon les régions, ce chiffre pourra fluctuer. La FNSEA a aussitôt annoncé la fin de ses actions.

Lactalis s’est empressé de donner sa vision de l’accord. « Le prix négocié pour les prochains mois est largement supérieur à son environnement économique et à ses principaux concurrents coopératifs, dont la répartition d’activités est proche de la nôtre », estime Michel Nalet, porte-parole du groupe. Selon lui, cette « avancée significative représente un soutien d’environ 150 millions en 2016 par rapport à ses engagements contractuels » Mais Lactalis ne compte pas assumer seul cette dépense puisqu’il prévient d’ores et déjà qu’il y aura « répercussion sur les conditions tarifaires négociées avec ses principaux clients », la grande distribution.

« Mascarade »

Claude Bonnet, président de l’Unell, estime que ce résultat est « satisfaisant sur le fond car il ramène 10 € en plus que prévu ». L’industriel « revient à peu près au niveau de ses concurrents », même si « l’accord n’améliore en aucun cas la situation globale », convient-il. Le ton est nettement plus désabusé chez l’OPLGO, qui évoque « beaucoup d’énergie pour un accord au final peu glorieux ». L’un de ses membres parle d’une « mascarade », qui ne règlera en rien les difficultés des éleveurs.

Les parties se sont engagées à réfléchir rapidement à l’évolution des clauses de détermination du prix du lait, tenant compte de l’ensemble des marchés, national, européen et international. Un travail indispensable, qui devra se mener en parallèle au renforcement du pouvoir des OP et à une plus grande transparence de la part des industriels sur leurs valorisations.

M.B. et E.C.
Les réactions syndicales

« Le combat légitime des producteurs de lait a fini par payer » se réjouit le syndicat majoritaire. Dans un communiqué de presse commun, FNPL, FNSEA et JA se félicitent : «la raison du plus fort n’est pas toujours la meilleure ! ». Pour eux « Lactalis, leader du secteur ne pouvait pas se satisfaire de sa position de dernier de la classe des grandes entreprises laitières en termes de valorisation du prix du lait ».

La Coordination rurale et la Confédération paysanne déçues

Autre son de cloche du côté de la Coordination rurale (CR). « Un accord satisfaisant, ça ? ! » s’interroge le syndicat dans un communiqué de presse. « Les centres de gestion, Inosys et les études indépendantes de l’European milk board montrent que le prix nécessaire pour couvrir les charges à produire 1 000 litres de lait est de 350 euros, hors rémunération du travail. À 450 €, le producteur n’a plus besoin d’aides » analyse la CR.

« Non, les éleveurs et éleveuses ne s’en sortiront pas avec une aumône, même si elle soulagera certainement, un peu, leurs trésoreries » écrit la Confédération paysanne, qui affiche la même déception. Le syndicat craint que « ce prix devienne une référence » et « appelle les éleveurs à continuer à se battre pour leur avenir ».

Pour le Modef, le problème ne se limite pas à Lactalis. « La plupart des prix payés aux agriculteurs tournent autour de 26 – 27 centimes le litre cette année. Encore ce mois d’août Sodiaal proposait par exemple 26,7 cents/l pour le lait de catégorie A » analyse le syndicat.

Pressions

Manifestations orchestrées par la FNSEA partout en France, coups de projecteur dans tous les médias, campagne de boycott de ses produits sur Internet… Le groupe Lactalis était soumis à une pression grandissante ces derniers jours.

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Commenter cet article 1 commentaires
earl.lepinay@orange.fr

Bonne nouvelle qu est cet accord même si cela ne règle pas le problème sur le fond. On attend maintenant que les coop élèvent leurs prix comme ce qui a été promis par la fnsea, sinon il va avoir des déçus!!!!

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Cet article est paru dans La France Agricole

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