Plus de 150 producteurs de lait ont déversé jeudi plusieurs centaines de litres de lait au dans le centre de la ville de Nantes, « un avertissement » car « on ne passera pas l'année 2010 comme on a vécu l'année 2009 », a assuré un responsable de l'Apli, l'Association des producteurs de lait indépendants, qui appelait à la manifestation.

Pour marquer le premier jour de la nouvelle campagne de collecte de lait, entre 150 et 200 producteurs de la Loire-Atlantique se sont rassemblés jeudi midi sur la place du Commerce à Nantes pour déverser à 14 heures plusieurs centaines de litres de lait contenus dans des bidons et des bouteilles.

Une action symbolique pour remobiliser car « on a dans la tête de refaire des épandages de lait plus tard dans la saison mais ce ne sera plus en campagne. Là, c'est un avertissement avant un épandage massif à Nantes », a expliqué Jean-Philippe Rousseleau, vice-président de l'Apli de la Loire-Atlantique.

« On ne veut pas revivre la même chose que l'année dernière », a-t-il assuré.

Les producteurs ont aussi prévu une nouvelle action le 9 avril 2010 à Nantes, qui rassemblera toutes les professions agricoles, pour faire le tour des permanences des députés. Car dans la crise du lait, « il y a une responsabilité de nos députés qui ne font pas pression sur l'Europe », a considéré Dominique Lebreton, président de la Confédération paysanne de la Loire-Atlantique. Son syndicat a rejoint l'action de l'Apli.

Quant à l'accord signé mardi sur le prix du lait, « c'est l'accord du moindre mal. On est toujours en dessous du coût de production. Aujourd'hui, on ne perd plus que 50 euros pour 1.000 litres de lait au lieu de 70 euros l'année dernière », a noté M. Rousseleau.

« Le prix proposé aujourd'hui, c'est un prix pour les transformateurs, pas pour le producteurs », a considéré Dominique Lebreton.

La situation des producteurs de lait est toujours aussi difficile, selon l'Apli. L'association qui défend les producteurs assure qu'un quart d'entre eux n'a pas eu droit à l'aide gouvernementale accordée pour des prêts. « Il y a toujours 25 % des producteurs de lait en très grande détresse financière, certains ont plusieurs dizaines de milliers d'euros de dettes », selon le vice-président de l'Apli 44.

Samedi, une nouvelle action, nationale cette fois, est organisée par l'Apli à Poitiers où doivent manifester les femmes de producteurs de lait.

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