« On a travaillé tout l’été avec le président de la MSA, avec les services de l’État, avec toutes les organisations professionnelles agricoles lors de la cellule de crise. Les politiques ont fait des annonces. Et un mois après, rien ne bouge ! Aucune mesure n’est appliquée : ni le fonds de garantie pour assurer les prêts, ni le fonds pour la MSA, ni le fonds d’allègement des charges… Rien ! », a lancé Eric Thirouin, le président de la FRSEA, en colère.

Pétards et bombes lacrymo

Ce mercredi, entre 500 agriculteurs selon le syndicat et 300 selon les policiers se sont rassemblés à Orléans, pour crier leur mécontent et leur désespoir aux services régionaux. Ils ont sommé le directeur régional de l’agriculture de venir s’expliquer. Après quelques minutes d’attente, des heurts ont éclaté entre un policier en civil qui portait le même T-shirt que les manifestants et les agriculteurs. Les policiers ont utilisé les matraques et des bombes lacrymogènes pour repousser les paysans. Rapidement, la FRSEA a appelé au calme et Jean-Roch Gaillet, le directeur de la Draaf, est venu dialoguer.

Désaccord sur le taux de perte

Le directeur régional de l’agriculture a reconnu que la Région Centre a perdu 1,2 milliard d’euros, toutes productions confondues, cette année. Mais le litige porte sur le taux de perte. « 1,2 milliard d’euros ne correspond pas à 70 % de perte », argumente Jean-Roch Gailler, qui est monté à la tribune devant les agriculteurs.

Ce taux de perte joue directement sur le taux de dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti. Faisant suite à la cellule de crise, le préfet de Région avait annoncé que tous les agriculteurs pourraient obtenir un dégrèvement de 70 %. Mais Bercy en a décidé autrement. L’Administration applique un taux de perte départemental. Le Cher, l’Indre-et-Loire et l’Indre seraient à 35 % de perte, tandis que le Loir-et-Cher et l’Eure-et-Loir auraient perdu 45 %, et le Loiret 60 %.

Comme le Draaf faisait allusion à la possibilité d’exprimer un recours gracieux individuel, Eric Thirouin a demandé à tous les agriculteurs de faire cette réclamation à la direction financière régionale, avec trois demandes : « un dégrèvement à 100 % de la TFNB ainsi que de la taxe d’habitation, et un délai de paiement après la récolte de 2017 ».

Autre point important pour le syndicat, réassurer les banques. « Cette mesure coûterait entre 15 et 20 M€ au niveau national et permettrait de garantir les prêts des agriculteurs », a expliqué le président de la FRSEA.

Après ces explications, quelques tonnes d’oignons, de pommes de terre et de fumier ont été déversées devant les grilles de l’Administration.

Aude Richard