La Coordination rurale (CR) a choisi un champ à Maslives, près de l’enceinte du château de Chambord (Loir-et-Cher), pour accueillir entre 400 et 500 agriculteurs. « Ce conseil des ministres est un déplacement qui coûte très cher. En pleine crise agricole, c’est une provocation », lance Bernard Lannes, le président national de la CR.

Le syndicat propose 30 mesures pour soutenir les agriculteurs face à la crise qui frappe quasi toutes les productions : des mesures d’urgence, comme l’apport de 500 €/ha pour les agriculteurs les plus touchés. Mais aussi des mesures structurelles, comme la TVA sociale ou une fiscalité adaptée au monde agricole. Des thèmes défendus depuis longtemps par la Coordination rurale. « Nous voulons que les aides aillent directement aux agriculteurs et non à la coopération ou à d’autres organismes, comme c’est le cas dans l’Île-de-France », dénonce Bernard Lannes.

Au sujet de la révision de la Pac, thème du conseil des ministres, le syndicat milite pour « un protectionnisme éclairé » à la manière des États-Unis et pour une régulation des productions, notamment pour le lait.

De nombreux pays touchés par la crise laitière

À quelques kilomètres, à Blois, Andoni Garcia, éleveur espagnol a fait le déplacement depuis le pays basque. Présent aux côtés de la Confédération paysanne, lui aussi plaide pour une Europe régulée. « En Galice, le prix du litre de lait fluctue entre 18 et 27 c€, et 40 % des volumes sont payés mois de 25 c€. Entre janvier et juin, ce sont plus de 600 agriculteurs qui ont mis la clé sous la porte en Espagne. Il est très difficile de maintenir la production. Si les choses ne changent pas, nous ne pourrons plus vivre. Et c’est ainsi dans de nombreux pays européens. »

Pour se faire entendre des ministres, la Confédération paysanne a réuni une centaine de personnes, venues de toute la France, devant les grilles de la préfecture. Une distribution « des produits en difficulté », lait, épis de blé, charcuterie, légumes, vin est proposée aux passants. Laurent Moreau, un des porte-parole régionaux de la Confédération, milite pour « plus de justice » dans la répartition des aides. « La surprime liée aux 52 ha premiers hectares, qui représente 10 % du budget, devait passer à 15 % en 2017. Mais sous la pression de la crise agricole, et de la FNSEA, le ministre va geler le paiement redistributif à 10 %. C’est un très mauvais signal pour toutes les exploitations familiales », explique-t-il.

Aude Richard