Nicolas Sarkozy a expliqué qu'il « ne peut pas dire oui » à une exonération des charges patronales pour l'ensemble des salariés agricoles, mardi, au cours la table ronde sur la situation et l'avenir de l'agriculture, à Lauzerte, lors de sa visite dans le Tarn-et-Garonne.

Cette mesure est proposée par les députés du Nouveau Centre, un projet de loi ayant été déposé par Jean Dionis du Séjour. Le coût de la mesure, évalué à environ un milliard d'euros, serait compensé par la création d'une taxe sur la vente de produits agricoles et agroalimentaires, qui serait acquittée par la grande distribution, selon ce projet.

La proposition de Jean Dionis du Séjour « est parfaite, elle a juste un détail, elle coûte un milliard. Vous n'êtes pas simplement agriculteurs. Vous êtes Français, vous êtes citoyens. Est-ce que vous croyez que j'ai été élu pour mettre la France dans la même situation que la Grèce ou le Portugal. Non. Je ne le ferai pas », s'est défendu le chef de l'Etat.

« Je ne peux pas dire oui à toutes les demandes qui me sont présentées. Non pas parce qu'elles sont illégitimes. Mais parce que on n'a pas les moyens », a-t-il renchéri.

« Jean Dionis du Séjour est avec son groupe parlementaire très vigilant sur la réduction des déficits en France », a-t-il observé par ailleurs.

Nicolas Sarkozy a également expliqué que le Premier ministre a confié, en février, une mission au député des Bouches-du-Rhône, Bernard Reynès, sur la maîtrise du coût de la main-d'oeuvre dans le secteur de la production agricole, dans l'optique d'une amélioration de la compétitivité.

Le président de la République a aussi rappelé que « nous avons, en 2010, supprimé la totalité des charges sur les travailleurs saisonniers. Cela représente un demi-milliard d'euros pour l'agriculture française que nous avons trouvé le moyen de mobiliser dans le budget de la France avec les difficultés qui sont les nôtres ».

« Le coût horaire du salarié saisonnier était 12,61 euros au début de 2010. Il est passé à 9,43 euros », a-t-il souligné.

Sur la compétitivité de l'agriculture, Nicolas Sarkozy a également estimé « qu'il y a des choses qui ne sont pas normales. Je peux comprendre qu'on ait des problèmes de compétitivité avec l'Inde ou avec la Chine. Pas avec l'Allemagne ». « Il n'est pas normal que certaines règles d'emploi de travailleurs immigrés soient différentes d'un pays à l'autre », a-t-il reconnu.

En outre, « si on impose aux éleveurs français des règles de traçabilité, l'Europe doit avoir le courage de fermer ses frontières à des produits venant de pays qui ne respectent pas les règles de traçabilité. Sinon, à quoi ça sert d'imposer à nos éleveurs des règles qu'on n'impose pas aux autres ? », a ajouté Nicolas Sarkozy.

« Les pays qui ne respectent pas les règles de protection environnementales que nous imposons à nos producteurs doivent voir leurs produits taxés à l'entrée dans l'Europe. Ce n'est pas du protectionnisme du tout. C'est simplement une concurrence loyale », a-t-il poursuivi.

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