« Les agriculteurs perdent plus que de l’argent, ils perdent leurs familles », a déploré le 3 mars, Dominique Pipet, éleveur à Charroux, dans le sud de la Vienne. Avec une cinquantaine de collègues, il a souhaité rendre hommage à ceux de la profession « qui ont craqué et faire part à leur famille de notre compassion ».

Aux alentours de midi, la délégation a ainsi investi le stand de l’Agence de services et de paiement (ASP), à l’issue d’un premier passage devant celui du ministère de l’Agriculture. Avec leurs fourches en deuil et des tee-shirts jaunes sur lesquels il était inscrit « En France, les paysans crèvent », ils ont réclamé des comptes et parlé des absents.

« Aujourd’hui dans nos campagnes, ça sent la mort. Il y a des morts physiques, des dépôts de bilan, des couples qui se séparent. On est dépouillé de tout. »

« Faut plus nous parler de bug informatique »

La délégation de la CR a aussi déploré le retard de paiement des aides bio et MAEC. « Depuis 2015, on nous parle de bogue (bug) informatique ! Il faut arrêter. Ça n’est plus possible », a regretté Dominique Pipet.

« Les paysans se doivent d’envoyer tous les papiers qu’on leur réclame en temps voulu, et si ça n’est pas fait, a-t-il ajouté, on a des pénalités. Nous, on a tout fait aux normes, on nous doit de l’argent. Faut plus venir nous parler de bug informatique. Imaginez si les fonctionnaires n’étaient pas payés depuis un an et demi ! »

La délégation, partie tôt ce matin en car de la Charente, a récupéré tout le long de l’autoroute A10, une cinquantaine d’agriculteurs pour rejoindre Paris et le Salon de l’agriculture.

Rosanne Aries