« Les coopératives françaises ne sont pas assez internationalisées et cela explique en partie leur manque de compétitivité. » C'est le constat unanime des experts réunis lors de la quatrième journée européenne des coopératives agricoles, à Paris le 24 septembre. La conférence organisée par Les Echos avait pour thème : « renforcer la compétitivité des coopératives agricoles ».

« Pour partir à l'international, il faut d'abord être fort sur le marché français », analyse le directeur général de Maïsadour, Thierry Blandinières. Il estime que les producteurs coopérateurs ont pris en compte la dimension internationale et sont ouverts sur cette question de l'internationalisation. La réussite des projets de développement passe par la compréhension des adhérents et par la « maturité » du conseil d'administration.

Une idée reprise par Serge Riendeau, président de la coopérative laitière canadienne « Agropur ». « Tous les cinq ans, nous menons une réflexion stratégique avec les membres autour de l'identité, de la création de valeur et du mode de  gouvernance », explique-t-il. Pour ce coopérateur québécois, l'internationalisation permet de suivre la demande « dans un contexte laitier international favorable ».

Yves Pelle, responsable des secteurs des coopératives agricoles et agroalimentaires chez PwC (un cabinet d'audit), a livré les résultats d'une étude pour déterminer les nouveaux leviers de compétitivité des coopératives agricoles. « L'internationalisation est en hausse dans les coopératives mais elles sont tout de même beaucoup moins implantées à l'international que les entreprises privées », remarque-t-il. Il estime que l'internationalisation ne passe pas que par l'exportation de produits mais aussi par les partenariats avec l'étranger en développant la présence des entreprises localement. Il prend l'exemple de Frontera, la coopérative laitière néo-zélandaise, qui a multiplié par dix sa présence productive en Chine.

François Moury, directeur du pôle agroalimentaire au Crédit Agricole, livre quant à lui une analyse plus politique de la situation. « La gouvernance juridique et financière des coopératives agricoles (loi de 1947) doit être revue pour atteindre les marchés internationaux », affirme-t-il.

P.B.