Le projet « 2025 by  InVivo » lancé à l'automne 2014 prévoit une diversification tous azimuts et une internationalisation pour le cinquième groupe coopératif européen et quinzième mondial.

Le projet fixe un objectif de 300 millions d'euros d'excédent brut d'exploitation (EBE) à dix ans. Cette année, l'EBE est de l'ordre de 70 millions d'euros; il était de 46 millions l'année dernière. L'appétit de croissance d' InVivo est insatiable.

« Toute la croissance va se faire à l'international »

« Nous souhaitons doubler notre taille dans dix ans et nous sommes déjà bien en route », a annoncé Thierry Blandinières, le directeur général lors d'une conférence de presse à Paris le 16 décembre. La stratégie de la diversification du portefeuille d'activité, notamment à l'international, a été actée par le groupe, afin de stabiliser le chiffre d'affaires qui a baissé de 7,7 % par rapport à 2013, du fait de la volatilité des matières premières.

« Toute la croissance va se faire à l'international », a répété Thierry Blandinières. « Aujourd'hui, le groupe est international à 50 %, d'ici à 10 ans il le sera à 75 %», ambitionne-t-il.

Agriculture de précision et biocontrôle

Déjà, plusieurs acquisitions majeures ont été réalisées dans ce sens : Total Alimentos, troisième acteur brésilien du petfood, Pancosma, société suisse leader des additifs pour la nutrition animale, ou encore Maferme-Néotic, spécialiste français des systèmes d'information.

Développer l'agriculture de précision (biomécanique, télédétection, drones, capteurs embarqués) est un des nombreux objectifs d' InVivo. D'ici à trois, voire cinq ans, InVivo va investir 10 à 30 millions dans ce secteur. Pour mutualiser la recherche, le groupe s'est allié avec de grandes coopératives allemande, danoise, suisse et britannique, via une société nommée Novafield. Le biocontrôle est l'autre priorité du groupe en termes d'investissement avec cinq millions d'euros investis par an dans la recherche sur cette thématique.

Le modèle de gouvernance d'InVivo s'est adapté

Le groupe joue aussi sur les opportunités en misant sur le concept de distribution alimentaire de proximité. Le magasin « Frais d'ici », récemment ouvert à proximité de Toulouse sert de magasin pilote et au moins cinq autres magasins devraient être construits. Un à Bordeaux et un autre à Dijon sont déjà prévus.

L'organisation et le modèle de gouvernance d'InVivo sont aussi adaptés pour entrer dans une économie de marché et accueillir des investisseurs pour financer ses activités. Les activités statutaires propres à l'Union des coopératives et les activités économiques sont maintenant séparées juridiquement et fiscalement. Ce sont les holdings qui portent les activités économiques correspondant aux trois pôles : agriculture, nutrition animale et distribution à destination du grand public et agroalimentaire. Cette nouvelle forme de gouvernance se veut plus lisible. D'autant plus que les membres du conseil d'administration sont élargis à 30 dont un tiers sont des directeurs généraux de coopératives.

C.Fa.