« Peurs alimentaires », « circuit long », « agriculture biologique » ou encore « manger mieux et moins cher » sont autant de sujets abordés par le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) pour répondre à la controverse « On mangeait mieux avant », cinquième étude documentée, d'une série de cinq idées reçues sur l'agriculture, avec ce dernier volet publié le mardi 25 novembre 2014.

Le rapport revient dans un premier temps sur les peurs face à l'alimentation d'aujourd'hui. Tout en reprécisant que le risque zéro n'existe pas, il affirme que l'« on mange mieux aujourd'hui et le consommateur est de plus en plus informé de ce qu'il va trouver dans son assiette ».

Controle température sur barquettes de fruits - C. Faimali/GFA

Le rôle des « circuits longs »

Le fait que les consommateurs n'ont jamais eu autant d'informations et de contrôles sur leur alimentation engendrerait des « crises de confiance alimentaire », dernièrement illustrées par le scandale de la viande de cheval dans les lasagnes aux boeufs, qui prennent le pas sur les vraies « crises sanitaires ».

Le CGAAER revient également sur le rôle essentiel des « circuits longs » dans les « nouvelles habitudes alimentaires » qui génèrent également des angoisses du fait de la perte de contrôle du consommateur sur ce qu'il mange.

Il incite à ne pas faire d'amalgame entre ce mode de « distribution » et « la grande distribution » qui, elle, « pèse sur les prix au détriment de nos entreprises et parfois de la qualité ». Or le service du ministère précise que « plus on baisse les prix, plus les recettes mises en oeuvre s'appauvrissent avec des ajouts de sucre ou de graisse ».

« Manger mieux et moins cher »

Entre « angoisse face à l'alimentation » et « guerre des prix » dans la distribution, le CGAAER met en évidence le paradoxe des Français qui veulent « manger mieux et moins cher ». En effet, la part de l'alimentation dans le budget de la génération née entre 1977 et 1986 n'est que de 8 % contre 20 % pour celle de 1917 et 1926.

Au-delà des choix budgétaires, l'alimentation change de dimension passant d'une fonction de plaisir à un rôle nutritif, selon une expertise scientifique de l'Inra, et n'est donc plus appréhendée de la même manière par les nouvelles générations.

Face à ce constat, le rapport de controverse précise que « le bon sens et la responsabilité de chacun doit permettre d'améliorer les comportements en conservant à l'alimentation sa fonction nutritive, culturelle et, autant que possible, de plaisir.

Quelle place pour la viande et l'agriculture biologique ?

Elevage bovin - A.Magnard/GFA

D'autres sujets plus spécifiques au coeur des controverses actuelles, tels que l'agriculture biologique ou la consommation de viande, sont également traités dans le rapport.

Si le CGAAER renvoie au consommateur la responsabilité de « juger si le – surcoût – des aliments biologiques est en rapport avec leur qualité et les valeurs qu'ils représentent », pour la viande il est plus précis indiquant que « Manger de la viande, mais pas trop, c'est bon pour la santé ».

Il oppose notamment des contre-arguments bien distincts aux opposants à la consommation de viande que ce soit pour la protection des animaux, l'impact sur la santé ou encore le coût environnemental de l'élevage.

Tanguy Dhelin