La FNSEA et ses associations spécialisées ont présenté mercredi leur projet de contractualisation interfilières. L'idée est de lisser l'impact de la volatilité des prix des matières premières sur ceux de l'aliment. L'organisation syndicale a insisté sur le fait que sa démarche ne peut aboutir que si les distributeurs acceptent de répercuter les variations de prix jusqu'au consommateur.

« Notre démarche repose sur trois idées, a détaillé Xavier Beulin, président de la FNSEA. La régulation, la contractualisation et la répercussion des prix. » Concernant la régulation, il s'agit d'abord de réaffirmer la nécessité de produire en France et en Europe pour assurer la sécurité alimentaire des consommateurs. Le syndicat demande aussi plus de transparence sur les marchés internationaux, renvoyant la balle au G20.

La régulation passe aussi par la constitution de stocks physiques. « Nous proposons un plan pour les silos de 5 millions de tonnes, a détaillé Philippe Pinta, le président d'Orama. Cela représente un investissement de 1 milliard d'euros. Plus qu'une carotte financière, nous demandons aux pouvoirs publics d'examiner rapidement les dossiers une fois qu'ils sont déposés. »

Quant à la répercussion des variations du prix des matières premières au consommateur, l'organisation syndicale souhaite l'automatiser à l'aide d'indice que l'Observatoire des prix et des marges pourrait produire. « Il s'agit de la dissocier des négociations commerciales », reprend Xavier Beulin. Elle pourrait prendre la forme d'un pied de facture. « Air France le fait avec le prix du kerosène », poursuit-il.

De l'avis de tous les participants, cette démarche ne pourra aboutir que si les distributeurs acceptent d'intégrer les variations des prix des matières premières. Et d'insister sur la nécessité de ne pas avoir une machine à sens unique. Autrement dit, la FNSEA et ses associations spécialisées veulent rassurer les consommateurs en souhaitant un ajustement à la hausse comme à la baisse du pied de facture proposé.

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E.R.