La Confédération paysanne organisait le 14 juin à Saint-Gilles (Ille-et-Vilaine) un colloque sur « la crise laitière, un modèle laitier à repenser pour les éleveurs ». Les intervenants de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), de Coop de France, de France Milk Board (FMB) Grand Ouest et de la Confédération paysanne ont planché sur la structuration à mettre en place pour redonner du pouvoir aux producteurs. Près de 180 personnes, pour l’essentiel des éleveurs, ont assisté aux débats.

Il existe aujourd’hui 57 organisations de producteurs (OP) verticales, dont 3 OP transversales (pour le lait standard, parmi lesquelles France Milk Bord Grand Ouest). Selon un récent rapport du CGAAER sur la contractualisation, malgré les objectifs affichés d’amélioration de la relation entre l’amont et l’aval, le point d’équilibre entre producteurs et acheteurs s’est déplacé au détriment des producteurs.

« Si nous restons dans des OP verticales liés à l’entreprise, il est clair que les producteurs n’ont aucun pouvoir, a témoigné Patrick Baron, de la Confédération paysanne des Pays de la Loire. À titre d’exemple, dans certains contrats, il est écrit en toutes lettres que le producteur qui s’affronterait à son entreprise se verrait non collecté dans les mois suivants. » Le syndicat milite pour une OP forte, transversale et élargie aux coopératives.

La coopération a pris du retard et doit recréer des liens

Même son de cloche du côté de FMB. « Notre organisation optimale serait une OP transversale par bassin de production, soit 9 OP en France, y compris avec les coopératives. Le tout serait chapeauté par une association d’OP (AssOP) nationale », a indiqué Denis Jehanin, coprésident de FMB Grand Ouest.

Pour ces deux organisations, il n’est pas normal d’avoir en France deux statuts de producteurs selon qu’ils livrent leur lait chez un privé ou dans une coopérative. « Les coopératives se sont auto-affranchies du système d’OP en considérant que leur organisation assurait les intérêts des producteurs. Mais elles n’ont pas prouvé qu’elles les rémunéraient mieux », a insisté Patrick Baron.

Ce à quoi Christophe Miault, vice-président de Coop de France Ouest et administrateur de Terrena, a répondu : « En tant que coopérateur, il est toujours possible de demander des comptes à sa coopérative en assemblée de section. » Il reconnaît néanmoins que la coopération a pris du retard et qu’elle a besoin de recréer des liens. « Il faut que les coopérateurs redeviennent acteurs pour partager un projet commun » a-t-il affirmé. Pour l’éleveur, on ne peut pas faire fi de l’économie.

Quant à la FNPL, elle a réaffirmé sa volonté d’avancer sur l’organisation existante. « Nous voulons une OP avec une relation entre producteur et transformateur qui soit partagée. Il y a un rapport de force à maintenir », a indiqué Thierry Roquefeuil, son président.

I.L.