Dans le cadre de la loi de modernisation agricole, les producteurs de pommes de la filière cidricole veulent des contrats mieux adaptés à l'évolution du marché.

La contractualisation concerne près de 90 % de la production dans la filière cidricole, sur une durée qui peut aller jusqu'à dix-huit ans, avec un prix qui se situe actuellement entre 125 et 150 euros la tonne. Mais les producteurs ont l'impression d'être dans un carcan qui les empêche de profiter des évolutions favorables du marché.

Ils prennent l'exemple de cette année, avec une baisse de collecte de 25 % qui devrait tirer les prix vers le haut et un cours du concentré qui a été multiplié par trois. Chez le leader du marché, Agrial, seules 20 % des livraisons sont flexibles et liées à l'évolution du concentré. Leur prix est ainsi passé de 76 €/t l'an dernier à 116 €/t cette année.

La loi de modernisation agricole est l'occasion pour les producteurs de rediscuter ces contrats. « L'objectif est d'établir un indicateur qui tienne compte des coûts de production et des débouchés, de façon à avoir une idée à long terme de la rentabilité de notre verger », explique Thomas Pelletier, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits à cidre (FNPFC) et de l'interprofession cidricole.

Cet indicateur intégrerait, d'une part, le coût de la main-d'oeuvre et des intrants et, d'autre part, la valorisation des débouchés : cidre, Calvados, pommeau, jus de pomme, concentré... « Il permettrait de rediscuter chaque année des prix à l'interprofession et de régir les relations entre producteurs et transformateurs », ajoute Thomas Lepelletier.

Le projet a été soumis aux producteurs de la Normandie, des Pays de la Loire, de la Bretagne et du Centre, avant d'être transmis à l'interprofession.

Aides au verger cidricole

125 hectares peuvent bénéficier cette année des aides de FranceAgriMer et de l'interprofession cidricole dans les zones AOC ou IGP. Le montant est de 1.000 €/ha pour la plantation seule et 2.000 €/ha pour la replantation avec engagement d'arrachage. Les dossiers doivent être déposés avant le 28 février 2011 auprès de FranceAgriMer.

J.C. B.