A quelques semaines de l'élection présidentielle, le congrès de la FNSEA, du 27 au 29 mars à Marseille, a envoyé quelques messages forts sur l'OMC, la Pac, l'indépendance alimentaire, la conditionnalité, etc. à l'attention des candidats, et surtout de celui ou celle qui sera élu à l'Elysée.

Lors de son discours de clôture, le président de la FNSEA, Jean Michel Lemétayer, les a invités à tenir leurs promesses après qu'ils avaient tous affirmés qu'il fallait résister à l'OMC. «Ils doivent avoir conscience que les distorsions en matière sociale et environnementale menacent directement les modèles agricoles de nos pays développés», a t-il affirmé. Pour lui, derrière la Pac et la préférence communautaire, «il y a un enjeu de société […] un enjeu de culture alimentaire, de sécurité et de diversité de notre alimentation».

Jean Michel Lemétayer a estimé qu'il fallait se battre contre l'idée sournoise qui tend à se répandre dans certains cercles politiques et selon laquelle la France pourrait se passer d'agriculture et se contenter d'importer son alimentation: «C'est plus qu'une mauvaise idée, c'est une faute, que nos concitoyens risquent de payer au prix fort.»

La FNSEA s'inquiète de la tournure que pourrait prendre le bilan de santé de la Pac 2008, mais aussi la réforme de l'après-2013. Jean-Michel Lemétayer a fustigé les projets en la matière des plus libéraux au premier des rangs desquels il a placé la commissaire européenne à l'Agriculture, Mme Fischer Boel.

«On voit bien que ce qu'elle nous prépare, c'est plus de découplage, plus de modulation des aides directes, plus de démantèlement des mécanismes d'intervention […], autrement dit: la fin annoncée de la Pac; si elle confond bilan de santé avec amputation sans anesthésie je vous garantis qu'elle va entendre parler du pays», a-t-il poursuivi.

A un moment où l'Europe vient de fêter les 50 ans du traité de Rome, le président de la FNSEA a invité la Commission européenne à «regarder de plus près ce traité fondateur», rappelant que l'Europe s'était construite «grâce et avec l'agriculture» et qu'elle pourrait y retrouver des valeurs et des ambitions.

Tout au long du congrès, la conditionnalité a été la tête de turc des militants. «Le pompon, c'est la conditionnalité», a lancé Jean Michel Lemétayer, parlant «de machine à exclure, à ponctionner le revenu» et parfois même d'une «provocation pure et simple, quand l'Administration explique qu'il faut nourrir les animaux au moins une fois par jour».

Il a constaté que le mécontentement gagnait du terrain dans les autres Etats membres et qu'il fallait en profiter pour obtenir une réforme du système de conditionnalité. Plus largement, il a appelé à faire cesser la «suradministration» et le «délire réglementaire» qui plombent les initiatives.

La FNSEA demandera au prochain responsable politique de mettre en oeuvre, sans attendre, la TVA sociale, «car c'est un outil qui permettra de gagner en compétitivité, en allégeant le coût du travail».

P.P.