Le Premier ministre, François Fillon, a promis un allègement du coût du travail permanent en 2012, lors de son discours au congrès de la FNSEA, jeudi, à Saint-Malo.

Il n'a pas fait de déclaration de grande ampleur, mais il a annoncé un calendrier sur la mise en place de mesures.

« J'attends beaucoup des propositions que feront les parlementaires, notamment Bernard Reynes, à qui j'ai confié une mission, a-t-il déclaré. Je veux que des décisions soient prises cet automne pour une application au début de 2012 », a expliqué François Fillon.

Faisant allusion à la TVA sociale, il a écarté « l'opportunité d'une mesure générale de transfert de charges sociales ». Mais il s'est prononcé pour un ciblage sur « certains produits et au profit de certaines professions » comme l'agriculture. « Avec le président de la République, nous y sommes décidés, a-t-il ajouté. Pour y parvenir, nous devrons lever l'obstacle européen. »

L'autre temps fort de son discours a été consacré à l'environnement. « Sur les questions environnementales, la méthode est maintenant claire : Grenelle de l'environnement, pragmatisme et pas de distorsion de concurrence avec nos voisins européens », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre est revenu sur la campagne choc de France Nature Environnement, objet de nombreuses discussions au congrès, en précisant : « Vous ne méritez pas de telles caricatures et je partage votre indignation. » Enfin, il a donné des gages de bonne volonté aux irrigants en visant notamment la construction de retenues collinaires.

Des propos bien accueillis par les congressistes. Xavier Beulin avait relayé leurs attentes, dans son discours de clôture, en mettant l'accent sur les distorsions de concurrence sociales, réglementaires et environnementales qui se creusent à l'intérieur de l'Europe et dont l'agriculture française fait les frais.

« Je n'accepte pas l'affaiblissement du potentiel productif français, a déclaré le président de la FNSEA. Je n'accepte pas, à titre d'exemple, qu'au cours de dix dernières années, nos surfaces légumières aient baissé de 15  % en France quand elles ont progressé de 21  % en Allemagne. »

Revenant sur la réforme de la Pac, le Premier ministre a assuré que la France défendra le maintien du budget de la Pac « dans le cadre de perspectives financières raisonnables ».

A propos des biotechnologies et des bioressources, plusieurs projets seront soutenus par « le programme des investissements d'avenir », a annoncé le chef du gouvernement.

En revanche, François Fillon n'a pas convaincu sur la mise en place d'un « mécanisme d'indexation du prix des produits alimentaires en fonction du prix des matières premières », réclamé par le président de la FNSEA.

S'il estime qu'il est « légitime de réfléchir à la façon dont les coûts de production se répercutent dans les prix de vente », il n'a pas donné « l'impulsion » réclamée.

Déception également sur le front du photovoltaïque. Xavier Beulin voudrait lui remettre en main propre la liste des agriculteurs « plantés » par le moratoire. Mais le Premier ministre a seulement annoncé la mise en place d'appels d'offre simplifiés pour les nouveaux dossiers.

Au terme de son discours, le chef du gouvernement a renvoyé les agriculteurs, « avant tout des chefs d'entreprise », à leurs responsabilités : « Vos revenus dépendent d'abord des marchés et de leur compétivité ! »

Ainsi, il attend « beaucoup » des contrats entre les filières végétales et les filières animales et de la contractualisation qui se met en place dans la filière laitière et celle des fruits et légumes : « Je compte sur vous et sur les industriels, avec l'encadrement de votre interprofession, pour que cela se mette en place dans de bonnes conditions, car chacun a à y gagner », a affirmé François Fillon.

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A.Co.