La troisième Conférence environnementale, rendez-vous annuel instauré par François Hollande, s'est ouverte jeudi au palais de l'Elysée. Ces deux jours de débat entre le gouvernement, les parlementaires, les acteurs économiques et les mouvements associatifs doivent déboucher sur une « feuille de route » pour guider la France sur la voie de l'excellence environnementale. Quatre à six réunions préparatoires ont eu lieu pour chacune des trois tables rondes, auxquelles participe une délégation de la FNSEA et de l'APCA.

Les vers de terre

Lors de la présentation de la table ronde sur le thème environnement-santé, à laquelle il participe avec la ministre de la Santé Marisol Touraine, Stéphane Le Foll a souligné l'existence de « mécanismes dans la nature qui sont très utiles pour la production agricole ». Prenant l'exemple du ver de terre, il a insisté : « Trois tonnes de vers de terre à l'hectare, ça vous remue 280 tonnes de terre ! » Il a ensuite fait rire l'assemblée en poursuivant : « Avec Michel Sapin (ministre des Finances), on a vérifié : ils ont fait une conférence sociale il y a plusieurs millions d'années et ils sont d'accord pour travailler gratuitement. Et le Medef n'était pas là, donc pas de durée légale, pas de cotisations sociales, pas d'heures supplémentaires : ça travaille tout le temps ! »

Une feuille de route en janvier prochain

Evoquant ensuite les méthodes de biocontrôle pour réduire les phytos et le plan de diminution des antibiotiques en élevage qui a déjà montré des résultats, « c'est ça l'agroécologie », a-t-il expliqué. « C'est ça qui est en cours, mais comme il s'agit d'une mutation profonde, ça prendra un peu de temps », a-t-il prévenu à l'adresse des ONG, trop souvent impatientes. Il a également réaffirmé sa détermination à « garder comme objectif la production agricole ».

Interrogé sur l'initiative « zéro phyto » lancée par Ségolène Royal sur les collectivités locales, Stéphane Le Foll a déclaré qu'il n'était pas possible d'imposer le « zéro pesticides » aux agriculteurs : « Sinon qu'est-ce qui reste comme production ? J'ai en face de moi des acteurs acteurs économiques qui ont besoin de revenus. »

Pour Eric Thirouin et Didier Marteau, qui représenteront la FNSEA et l'APCA à la table ronde environnement-santé, les déclarations de Stéphane Le Foll vont dans le bon sens. Ils restent cependant vigilants face aux tentatives des ONG d'imposer toujours plus de normes et de contraintes. Les syndicats minoritaires, eux, n'ont pas été conviés.

La feuille de route comportant les mesures concrètes issues de ces deux jours de débat sera dévoilée par le gouvernement en janvier prochain.

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B.L.