« En 2018, les exportations agricoles vers la Chine ont diminué de 10 milliards de dollars, soit environ 50 % de perte », écrit Zippy Duvall, président du premier syndicat agricole aux États-Unis, l’American Farm Bureau Federation, dans une lettre datée de mardi adressée au président américain.

Il rappelle que jusqu’alors, le géant asiatique était un débouché croissant pour les produits agricoles américains. De 2000 au courant de 2017, la valeur des exportations agricoles américaines vers la Chine était passée de 2 à 16 % des exportations totales américaines, précise-t-il.

« Les agriculteurs et éleveurs d’Amérique dépendent des marchés d’exportation stables et en croissance », a-t-il également souligné dans ce courrier.

Zippy Duvall fait part de cas dramatiques d’agriculteurs, qui déjà contraints de retarder des plantations en raison des intempéries de ce printemps, ont finalement décidé de ne pas les faire du tout « parce qu’il n’y a tout simplement pas de marché ».

S’il se félicite de l’aide gouvernementale aux agriculteurs, il observe que cela ne remplacera jamais la perte des marchés.

Il exhorte enfin les négociateurs américains « à poursuivre leur travail » pour trouver d’autres débouchés que la Chine, suggérant l’Union européenne, le Japon, le Canada et le Mexique.

Pour la seule production de soja, dont le tiers était exporté vers la Chine avant le conflit, la valeur des exportations a été divisée par quatre en un an, passant de 12,3 milliards en 2017 à 3,1 milliards l’an passé, selon les données du ministère de l’Agriculture.

AFP