La Chine et l'Australie ont signé le 17 juin, au terme d'une décennie d'âpres négociations, un vaste accord de libre-échange portant notamment sur les secteurs clé des ressources minières, de l'agriculture et des investissements.

Un tiers des exportations australiennes vont à la Chine, particulièrement friande de matières premières (charbon, minerai de fer), mais également de lait et de boeuf. Au total, alors qu'ils sont aujourd'hui frappés de droits de douane allant jusqu'à 40 %, l'accord prévoit que plus de 85 % des biens exportés d'Australie vers la Chine en seront exemptés. Cela inclut la plupart des produits de l'industrie énergétique, le vin, la viande, le poisson et les produits laitiers dont la Chine est le premier importateur mondial.

L'industrie laitière, en concurrence avec les exportateurs néo-zélandais, est à la fête : les taxes à l'importation chinoises, qui pouvaient atteindre 20 %, seront toutes supprimées d'ici à onze ans. Les droits de douane sur le lait infantile disparaîtront d'ici à quatre ans.

L'accord de libre-échange devrait également entraîner une forte hausse des exportations de boeuf vers la Chine. Les taxes, qui étaient entre 12 et 25 %, seront supprimées d'ici à neuf ans. Celles sur le bétail sur pied, qui étaient fixées à 10 %, disparaîtront dans quatre ans.

Quelques secteurs ont cependant été laissés de côté, comme le sucre, le riz, le coton, le blé.

L'agriculture, une priorité pour l'Australie

En échange des concessions chinoises, l'Australie supprimera ses droits d'entrée de 5 % sur l'électronique et l'électroménager et les investissements chinois seront facilités. Les investisseurs privés pourront ainsi injecter jusqu'à un milliard de dollars australiens sans feu vert préalable du conseil de surveillance des investissements étrangers, avec quelques exceptions pour les terres agricoles et les entreprises agroalimentaires.

Cet accord est présenté par le gouvernement de Canberra comme une aubaine pour l'Australie qui pâtit d'un moindre appétit de la Chine pour ses matières premières et de la baisse des cours. L'agriculture, relativement délaissée pendant l'âge d'or minier, fait désormais partie des priorités.

La Chine est le premier partenaire commercial de l'Australie, avec des échanges dépassant les 160 milliards de dollars australiens (110 milliards d'euros) par an, et est devenue l'an dernier le premier investisseur étranger dans le pays, devant les Etats-Unis.