L’agriculture n’avait, jusqu’à la campagne de 2016-2017, encore jamais affiché de déficit. C’est chose faite, pour la toute première fois. Cette mauvaise nouvelle venue des données de référence du commerce extérieur publiées ce jeudi 7 septembre par la Direction générale des douanes et droits indirects, s’explique en partie par la mauvaise récolte de blé en 2016, qui a largement contracté les exportations agricoles. « Cependant, les ventes françaises de blé reculaient déjà depuis la campagne de 2012-2013, en raison de la baisse des prix des céréales liée à l’abondance de la production mondiale », rappelle la Direction générale des douanes.

Le solde agricole de la France atteignait 4,9 milliards lors de la campagne de 2012-2013. Depuis, il diminue, et affiche 1,8 milliard en 2015-2016. Cette dégradation de 3,1 milliards vient d’une part de l’érosion de l’excédent céréalier, et de l’autre de la poussée des importations d’autres produits, notamment celles de fruits et légumes.

30 % de volume en moins

« Au cours de la campagne de 2016-2017, les conditions climatiques ont été particulièrement défavorables à la culture de céréales en France, notamment celle de blé, indique la Direction générale des douanes. Les volumes produits reculent de l’ordre de 30 % en volume, avec un poids spécifique inférieur à la norme. » Seuls 40 % du blé récolté en France partent à l’exportation, contre la moitié au cours des campagnes précédentes.

L’Hexagone fait face à la concurrence de plus en plus sévère des pays de l’Est, où les rendements et la qualité tendent à s’améliorer. Ils gagnent progressivement des parts de marché, notamment dans l’Union européenne (UE), où la France écoule près de 90 % de ses ventes, et en Afrique du Nord.

Le recul des ventes en UE contribue au quart de la baisse des exportations françaises de blé de la campagne de 2016-2017. L’Algérie, premier client de la France, ne représente plus que 18,5 % de nos ventes, contre 22 % sur les campagnes précédentes. Les parts de marché de l’Hexagone passent de 53 à 24 %. Même tendance au Maroc, quatrième client, ou le ratio des parts de marché passe de 10 % à 3,3 %. La valeur des exportations s’est écroulée de 85 % par rapport à la campagne précédente.

L’Égypte diminue ses achats français de 39 % entre 2015 et 2016. À cause d’un durcissement des normes de qualité, la France perd des parts de marché, et l’Égypte, qui représentait 10 % de nos exportations de blé au cours de la campagne de 2014-2015, n’absorbe plus que 2 % des envois au cours de la campagne de 2016-2017.

« Toutefois, selon les premières prévisions de FranceAgriMer, la production française de blé pour la campagne de 2017-2018 retrouve un niveau plus habituel, proche de la moyenne de la période de 2012 à 2015, qui devrait permettre aux exportations françaises de se redresser », rassure la Direction générale des douanes.