« Les effets du changement climatique se font déjà ressentir sur tous les continents et dans les océans », a affirmé le Giec lundi en publiant son cinquième rapport sur l'évolution du climat. Malgré des « risques omniprésents », il reste des « possibilités d'intervention efficaces ».

Le rapport souligne que ce sont les populations pauvres des pays du Sud qui souffriront le plus du changement climatique. Il aura des conséquences sur la sécurité alimentaire et les populations des zones rurales seront beaucoup plus touchées.

Même si les impacts économiques globaux « sont difficiles à estimer », le Giec estime que le changement climatique va ralentir la croissance, créer de nouvelles poches de pauvreté et engendrer des déplacements de population. Le tout entraînant des risques accrus de conflits.

Enfin, les problèmes sanitaires causés par des canicules vont empirer, tout comme - dans les régions pauvres – les maladies liées à la malnutrition ou la mauvaise qualité de l'eau.

Au niveau européen, les impacts constatés sont le recul des glaciers dans les Alpes, en Scandinavie et en Islande ; une floraison plus précoce des arbres ; une hausse des surfaces incendiées en Grèce et au Portugal ; une migration vers le nord du zooplancton, des poissons et d'oiseaux marins.

Les risques concernent notamment les inondations (aussi dues à l'urbanisation), la disponibilité en eau, les rendements agricoles qui seront particulièrement affectés par des chaleurs extrêmes en Europe du Sud.

Selon M. Field, coprésident du groupe de travail et auteur de ce rapport, « vu le réchauffement considérable dû à l'augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre, les risques vont être difficiles à gérer et même des investissements importants et soutenus dans l'adaptation auront leurs limites ».

« Davantage de connaissances, c'est toujours bien. Davantage d'action, ce serait mieux encore », a réagi la commissaire européenne chargée du Climat, Connie Hedegaard, citée par l'AFP. Elle a ainsi exhorté les principaux pays à adopter des politiques de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, un sujet sur lequel l'Europe rêve d'obtenir un accord mondial lors de la conférence sur le climat en 2015 à Paris.

L'objectif, fondé sur les travaux du Giec, est de limiter le réchauffement à 2°C en moyenne par rapport aux niveaux pré-industriels, sachant que la planète a déjà pris 0,8°C et que la trajectoire actuelle conduit vers +4°C à la fin du siècle.

Le rapport du Giec est le fruit du travail de « 309 auteurs coordonnateurs principaux, auteurs principaux et réviseurs représentant 70 pays », précise un communiqué du Giec, ajoutant qu'ils ont « bénéficié de l'aide de 436 contributeurs et de 1.729 réviseurs experts et gouvernementaux ».

B.L.