Dans un communiqué paru le 7 octobre 2016, le collectif « Sauvons les fruits et légumes » plaide en faveur des producteurs bio qui, compte tenu des conditions climatiques « particulièrement difficile [s] » de l’année, ont été contraints d’utiliser des pesticides de synthèse pour protéger leurs cultures. L’utilisation de ces produits, proscrits par la certification Agriculture Biologique (AB), a conduit à son retrait sur les exploitations concernées, « pour trois ans au minimum ».

Pour plus de souplesse, comme pour les éleveurs

Si le fait que les produits traités avec des pesticides de synthèse soient retirés des circuits certifiés AB paraît normal au collectif, il s’insurge face à la lourdeur des conséquences qui pèsent sur certaines exploitations. En effet, pour certaines, le retrait de la certification AB concerne toutes les productions « alors que seulement l’une d’entre elles avait fait l’objet d’un traitement à base d’un produit phytosanitaire de synthèse ». De plus, la démarche de (re) conversion « longue, fastidieuse et coûteuse », leur impose d’attendre « 3 ans avant de pouvoir retrouver la labellisation bio ».

Dans son communiqué, le collectif rappelle que des dérogations ont été accordées cette année à des éleveurs « bio », leur permettant de s’approvisionner avec du maïs fourrage produit par des exploitations non certifiées AB, tout en maintenant la certification sur les produits (lait ou viande) et sur l’exploitation. Au regard de ce qu’ont obtenu les éleveurs, les retraits de certification des viticulteurs et maraîchers bio paraissent « absurdes » au collectif « Sauvons les fruits et légumes ». Celui-ci demande donc « aux autorités compétentes de faire preuve de souplesse en maintenant la certification aux producteurs » concernés.

Du « bio » moins strict, sécurisé par des dérogations

Considérant le risque technique et économique pris par les producteurs bio, et « les principes intenables dans la réalité », le collectif se positionne en faveur du développement des possibilités de dérogations comme moyen de sécuriser la production biologique.

Il demande aussi à ce que le seuil maximal de cuivre utilisé pour la lutte contre le mildiou soit déplafonné « en attendant que la recherche trouve des solutions alternatives », et malgré les « faiblesses [du cuivre] au regard de son impact négatif pour la vie biologique du sol et aquatique ».

A. Cas.