Qu’est-ce que manigance EDF autour des centrales nucléaires ? Depuis cet automne, l’énergéticien recherche du foncier. Il a mandaté la Safer pour réaliser une étude sur une quinzaine de centrales en France. Dans la Région Centre Val de Loire, l’étude, remise à EDF à la fin d’avril, portait sur près de 400 hectares.

EDF a besoin de place

« C’est un périmètre beaucoup plus large que leurs besoins. L’état des lieux sera affiné au fil du temps. Ils ne veulent pas passer en force », assure Céline Braconnier, directrice de la Safer du Centre. Avant d’ajouter : « Notre Région possède quatre centrales nucléaires, c’est une zone à faible risque sismique et son emplacement proche de l’Île de France est un atout. Il faut se préparer à ce qu’au moins un des sites soit retenu. »

Retenu pour quoi ? C’est la grande question. EDF est dans l’attente de l’adoption, cet été, de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour se prononcer. Mais que ce soit pour démanteler ou pour construire un nouveau réacteur, l’énergéticien a besoin de place.

Chinon et Belleville en pole position

À Saint-Laurent-Nouan (Loir-et-Cher), EDF a renoncé, pour l’instant, à construire un nouvel EPR, à la suite de la forte mobilisation des six exploitants touchés. À Dampierre-en-Burly (Loiret), les serres chauffées devraient être épargnées. À Chinon, le foncier est plutôt envisagé pour un démantèlement. EDF a déjà acquis 90 hectares à Avoine et un second zonage de 60 ha est en cours.

Il reste Belleville-sur-Loire (Cher), où l’étude sur 140 ha ne semble pas poser de problème. « Cela ne fait aucun bruit », note Pascal Viguié, maire de Sury-près-Léré, une commune voisine de la centrale. « On se mobilisera quand EDF donnera des informations précises. Aujourd’hui, c’est prématuré », ajoute Maxime Buizard, responsable du foncier au syndicat JA Centre.

Gilles Menou, porte-parole de la Confédération paysanne, est plus résigné : « On s’attend à des projets à Chinon, stratégique dans l’approvisionnement de la Bretagne, et à Belleville. L’agriculture ne pèse pas lourd face aux enjeux énergétiques et économiques, mais nous serons très vigilants à l’augmentation des prix des terres dans ces secteurs. » Réponse d’EDF à la fin de 2019.

Aude Richard