Il y a un an, Carrefour se lançait dans une campagne « militante » improbable pour promouvoir des légumes issus de semences paysannes. Avec, dans une quarantaine de ses magasins, de grands portraits de paysans sur fond noir et des affiches au slogan évocateur : « Le marché interdit ». « C’est un nouveau combat autour de la qualité alimentaire et de la biodiversité », expliquait alors l’enseigne. Où en est-elle aujourd’hui ?

Une « Maison des graines » en Bretagne

« Nous poursuivons l’opération sous un nouveau label, Graines de paysans », indique Bruno Lebon, directeur des produits frais chez Carrefour. Une vingtaine de producteurs sont désormais partenaires de la marque commerciale (ils étaient 8 au départ). Soit 100 tonnes de légumes livrés dans une centaine de magasins de l’ouest de la France et de la Région parisienne. Modeste, mais en progression…

La fondation Carrefour va par ailleurs mettre en place « une maison des graines destinée à la communication auprès du grand public et à l’accompagnement des producteurs pour la reproduction et la multiplication des semences paysannes », annonce Bruno Lebon. Le projet pourrait voir le jour au printemps 2019, dans les environs de Roscoff (Finistère).

« Act for food ».

À l’image de la centième filière « Qualité carrefour » signée cette année, ou de l’installation d’un comité d’orientation alimentaire dans le groupe, cette initiative illustre, à son échelle, les ambitions du distributeur de devenir « le leader mondial de la transition alimentaire pour tous », au travers de sa démarche « Act for food ».

Bruno Lebon explique ainsi vouloir « travailler sur le long terme pour arriver faire meilleur à un prix acceptable pour le consommateur », en faisant de la taille du groupe « une opportunité pour que les agriculteurs se portent mieux ». C’est bien à ce dernier critère que l’on mesurera le succès de ce nouveau pari commercial, venant d’un groupe en quête d’une bonne image.

Alain Cardinaux