Les prix des carburants vont diminuer de 6 centimes par litre à la pompe, dès maintenant et pour trois mois, a annoncé mardi le gouvernement à l'issue d'une réunion avec les industriels, qui cofinanceront la mesure.

« Les prix baisseront jusqu'à 6 centimes à la pompe : 3 centimes pour les pétroliers et 3 centimes pour l'Etat. C'est un effort substantiel » et, « concrètement, c'est un euro et demi de moins » pour un plein de 25 litres, a annoncé le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, mardi.

« Cette décision sera applicable dans les 24 heures et donc les prix à la pompe vont baisser maintenant », a-t-il ajouté, précisant que cela représenterait pour l'Etat « un effort qui sera d'environ 300 millions d'euros ».

Cette diminution des prix à la pompe est un peu plus étoffée que la fourchette de 2 à 4 centimes qui avait été évoquée, la veille, par le chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault, alors que le gazole a atteint la semaine dernière un nouveau record, à près de 1,46 euro le litre.

« Ce sera à chaque opérateur d'annoncer jusqu'où il pourra aller » dans la baisse des carburants, a indiqué le président de l'Union française des industries pétrolières, Jean-Louis Schilansky, à l'issue d'une réunion à Bercy. « J'espère que ce sera sensible pour le consommateur », a-t-il ajouté, en confirmant que la baisse serait « immédiate ».

Les magasins Leclerc et Système U avaient, lundi, devancé l'appel du gouvernement, en s'engageant à vendre le carburant à prix coûtant. Des déclarations qui avaient été jugées prématurées par les enseignes rivales, alors que les marges des stations-service sont très faibles, de l'ordre d'un centime d'euro par litre. Toutes enseignes confondues, la grande distribution réalise environ 60 % des ventes de carburant dans l'Hexagone, devant les compagnies pétrolières (30 %) et les autres détaillants (10 %).

Sans attendre les annonces de ce mardi, les associations de consommateurs avaient prévenu qu'une baisse de quelques centimes serait très loin du compte, demandant des mesures de plus long terme pour lutter contre la flambée des prix à la pompe.

« Nous sommes certains que ce ne sera pas suffisant et nous avons peur que cette légère baisse suscite beaucoup de désillusions », avait lancé, lundi, Michel Fréchet, président de la Confédération générale du logement (CGL), tandis que le mouvement Familles rurales soulignait qu'en dessous de 10 centimes par litre, il n'y aurait « aucun impact » sur le pouvoir d'achat des ménages.

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