Des chevaux agonisants, des poulains morts de froid au sol dans un centre de quarantaine d’un abatteur près de Calgary, « le plus gros abattoir de chevaux au Canada », sont montrés dans une vidéo, relayée le 12 juin 2019 en France par Welfarm, association de protection des animaux de ferme, qui fustige dans un communiqué « le vrai visage de la viande chevaline ».

Deux associations derrière la caméra

Les images filmées en janvier et février 2019, montrant des animaux couverts de neige, malades, couchés sur un sol gelé, ont été filmées par les associations suisse Tierschutzbund Zurich et allemande Animal Welfare Foundation (AWF). En Uruguay et en Argentine, les images montrent des animaux maigres, ou parqués par milliers devant des abattoirs.

Le continent américain est le principal producteur mondial de viande équine. Sur les quelque 4,8 millions d’équidés abattus dans le monde en 2012, 41 % l’ont été en Amérique du Nord, 11 % en Amérique du Sud, 11 % en Amérique centrale et seulement 8 % en Europe (24 % en Asie, 2 % en Océanie et 3 % en Afrique), selon les statistiques de la FAO (1).

Une viande marginale en France

En France, où 10 200 équidés ont été abattus en 2017, soit 2 800 tonnes-équivalent carcasse, la consommation de viande de cheval est très marginale. Elle ne représente que 0,2 % des quantités de viande de boucherie achetées par les ménages en 2018, selon les statistiques de d’Interbev, l’interprofession.

Selon Welfarm, la France a importé plus de 4 300 tonnes de viande chevaline en 2018 des trois pays cités dans l’enquête des ONG, et 77 % de la viande chevaline vendue en hypermarchés en est issue. Contacté par l’AFP, un porte-parole de Bouvry-Export a indiqué que son entreprise était « strictement contrôlée par l’agence d’inspection sanitaire canadienne ».

« Tout le monde peut venir sur place pour le constater par lui-même », a ajouté ce porte-parole sous couvert d’anonymat, jugeant par ailleurs que « l’activisme est hors de contrôle en ce moment, c’est tout ce que je peux dire. » Mercredi matin, les sociétés françaises qui importe de la viande depuis l’Uruguay ou le Canada, étaient injoignables.

AFP

(1) Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.