L'Union européenne doit absolument se mettre d'accord sur son budget de 2011, a prévenu vendredi la Commission européenne, mettant en garde contre « le coût d'une absence d'accord », à quelques jours d'une réunion de la dernière chance.

Le Parlement européen et les gouvernements de l'UE ne sont pas parvenus à s'entendre jeudi, et ont prévu de faire une dernière tentative lundi, date butoir pour trouver un accord.

« Nous avons besoin de nous mettre d'accord », a plaidé vendredi le commissaire au Budget, Janusz Lewandowski, lors d'un point de presse, appelant à « être conscients du coût d'une absence d'accord ».

En attendant une nouvelle proposition au budget, le montant de 2010 serait divisé en douze, avec une part par mois de l'année, pas assez pour une série de nouvelles lignes de budget.

« Cela signifie que nous ne pouvons pas financer le service d'action extérieur, qu'il n'y a pas de financement pour Iter à la hauteur de ce que l'UE a promis, (...) que nous ne pouvons pas financer les trois autorités de supervision financière que nous avons créées », a détaillé le commissaire.

« Un échec potentiel inquiète beaucoup la Commission. Ce n'est pas seulement un test pour les pouvoirs budgétaires, c'est un test pour le traité de Lisbonne », a insisté le commissaire.

Le budget de 2011 est le premier négocié dans le cadre du traité de Lisbonne, qui donne au Parlement européen les mêmes pouvoirs de décision que les Etats pour les dépenses.

M. Lewandowski veut éviter de faire remonter le dossier jusqu'aux chefs d'Etat et de gouvernement, lors de leur prochaine réunion à Bruxelles en décembre.

« Après l'expérience du dernier sommet à Bruxelles, je ne prendrais pas le risque de mettre le budget annuel à l'agenda du sommet de décembre », a-t-il dit.

La querelle autour du budget de 2011 s'était invitée au sommet d'octobre, où le Premier ministre britannique David Cameron avait jugé « inacceptable » les hausses prévues par Bruxelles et les eurodéputés, au moment où l'Europe doit se serrer la ceinture.

Il avait obtenu le soutien de dix autres pays (France, Allemagne, Pays-Bas, Suède, République tchèque, Danemark, Autriche, Finlande, Slovénie et Estonie) pour ne pas aller au-delà de 2,91 % d'augmentation.