Les Bonnets rouges préparent des « états-généraux de Bretagne » qu'ils souhaitent tenir en février à partir des cahiers de doléances envoyés par leurs comités locaux, ont annoncé le vendredi 13 décembre 2013 à Rennes ses porte-parole.

« Une trentaine de comités locaux se sont déjà mis en place en une dizaine de jours. D'autres vont se créer et, dans les premiers mois de 2014, nous allons organiser les “états-généraux de Bretagne” qui porteront des propositions », a expliqué Christian Troadec, maire de Carhaix (Finistère), lors d'une conférence de presse.

« C'est une action à long terme. [...] Ces états-généraux seront une synthèse des cahiers de doléances rédigés par les comités locaux. Ca sera un grand moment de rendez-vous pour le peuple breton », a poursuivi la figure emblématique des Bonnets Rouges, estimant que « le mouvement se structure de plus en plus ». Le lieu où se tiendront ces états-généraux n'a pas encore été décidé.

Interrogé sur la signature du pacte d'avenir à Rennes vendredi après-midi par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, Christian Troadec a affirmé que « le pacte reste à construire ». Une des premières mesures qu'aurait pu annoncer le chef du gouvernement, c'est « la suppression de l'écotaxe et le maintien de la gratuité des routes en Bretagne », a-t-il dit.

A ce sujet, Yves Michel, un transporteur membre du collectif, a souligné qu'en Bretagne, « il faudra payer plusieurs couches d'écotaxe (ndlr : en raison de la nature particulière du transport en agriculture notamment) alors que des importations en provenance de Hollande n'en paieront pas un centime ». Telle que prévue actuellement, l'écotaxe n'est pas prélevée sur les parcours routiers effectués par autoroute. La Bretagne n'a pas d'autoroute mais des quatre voies gratuites, sur décision de l'Etat.

Le maire de Carhaix a par ailleurs mis l'accent sur la nécessité d'une décentralisation. « On est face à un Etat centralisateur, le dernier en Europe. Il est temps de casser le carcan jacobin. Nous demandons un statut particulier pour la Bretagne », a-t-il réitéré. « On appelle ça comme on veut : relocalisation des décisions, régionalisation, autonomie ou dévolution », a-t-il décliné.

Le collectif considère le pacte d'avenir, un document de 88 pages adopté d'une courte tête jeudi au conseil régional de la Bretagne, comme « une escroquerie intellectuelle » et un texte « griffonné dans l'urgence par des cabinets parisiens ».