La production d'éthanol à base de canne à sucre est en hausse dans le centre-sud du Brésil mais les difficultés financières des usines de broyage compromettent les récoltes à venir, s'est inquiété le mardi 17 décembre 2013 Unica.

« La quantité de canne à sucre broyée a crû de 60 millions de tonnes (depuis le début de la récolte jusqu'au 1er décembre), un volume destiné presque exclusivement à l'augmentation de la production d'éthanol », indique dans un communiqué le principal groupement des industriels du secteur, Unica.

La région Centre-Sud, principale zone sucrière du pays, devrait produire au total 25,04 milliards de litres d'alcool de canne à sucre cette récolte, contre 21,36 milliards de litres en 2012-13. Les exportations devraient se contracter, à 2,61 milliards de litres contre 3,46 milliards de litres lors de la récolte passée.

Pour la directrice d'Unica, Elizabeth Farina, cette hausse de la production d'éthanol est due à « l'augmentation de la demande liée à l'accroissement de la part d'éthanol anhydre dans l'essence (passée à 25 % au Brésil le 1er mai) », aux « excédents sur le marché mondial du sucre » et au « potentiel de demande lié à l'énorme flotte de véhicules flex dans le pays ». Les voitures flex, capables de rouler indifféremment à l'essence et à l'éthanol hydraté, représentent actuellement 60 % du parc automobile brésilien.

Cependant, la rentabilité des usines de broyage est en chute : avec un prix de vente de 98,40 réais par tonne transformée cette récolte, leurs recettes ont chuté de 9,21 % par rapport à la même période en 2012-13 et de 15,51 % par rapport à la récolte de 2011-12, selon le centre d'études économiques Cepea.

« Lors de l'année écoulée, les usines ont dépensé en moyenne près de 15 % de leurs recettes pour le service de la dette », poursuit le communiqué d'Unica.

Malgré des mesures gouvernementales récentes qui ont soulagé les producteurs, la directrice d'Unica estime que l'augmentation de la production de canne observée cette année ne devrait pas se reproduire à l'avenir.

« Dans le contexte actuel, la rentabilité n'est pas suffisante pour construire de nouvelles unités (de broyage) », a-t-elle affirmé.

Le Brésil est le premier producteur mondial de sucre et le second producteur d'éthanol après les États-Unis, qui fabriquent ce combustible à partir de maïs.