L'exportation d'animaux vivants vers le pourtour méditerranéen s'est logiquement invitée dans les débats de l'assemblée générale de la Fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB), le 6 décembre 2013 à Paris.

Cette assemblée a été présidée par Gérard Poyer, fraîchement réélu. C'est Jean-Claude Crassat, le président de la commission d'import-export de la FFCB, qui était à la manoeuvre pour répondre aux propos tenus par Dominique Langlois, le président de l'interprofession. Ce dernier s'est plusieurs fois prononcé en faveur des exportations de viande vers ces pays, plutôt que d'animaux prêts à abattre.

Ces points de vue divergents font suite à la vente d'importants volumes de jeunes bovins sur pieds en Turquie l'an dernier. Ce courant commercial, qui s'est tari depuis, a provoqué la colère des abattoirs français en asséchant l'offre. « Le pourtour méditerranéen est prêt à nous acheter de la viande et du vivant, assure Jean-Claude Crassat. Nous, nous préférons vendre du vif, mais il y a une volonté parmi nos amis à l'interprofession de vendre de la viande et pas de vivant. Il faut se défendre sinon nous perdrons des marchés. »

Le représentant des commerçants regrette aussi que l'interprofession se soit interrogée sur l'opportunité d'être présente à la foire de Vérone en Italie. « La FNB et l'interprofession sont gentilles, ironise Jean-Claude Crassat. Ils veulent faire le travail à notre place. Ils veulent vendre à notre place. »

Jean-Claude Crassat a aussi insisté sur les évolutions nécessaires au niveau de l'élevage pour fournir ces marchés. « Il faut de gros broutards pour l'Italie mais les pays du pourtour méditerranéen réclament des produits moins chers, martèle-t-il. Ils veulent du R, ce qui ne convient pas forcément à la FNB. Renault fabrique des Dacia et en vend beaucoup. Il y a des remises en cause nécessaires pour ne pas regarder les bateaux passer. »

Éric Roussel